LES FORMULES DE BIENVENUE ET DE SÉPARATION EN GOURO

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Beaucoup en Côte d’Ivoire savent que pour saluer, une bonne partie du peuple gouro dit toujours la même chose : « I ya » (singulier) ou « Ka ya » (pluriel). Et ce quel que soit le moment de la journée. J’ai déjà expliqué que ce « I ya » passe-partout l’est ainsi du fait de son sens très profond. On ne change pas une formule si chargée de vie, une formule qui gagne.

Mais vous n’êtes pas au bout de vos surprises. Le « I ya ! » gouro a, en outre, la même valeur et les mêmes usages que le « Yako ! » baoulé (akan) ou le « I fo ! » dioula. Et ce n’est pas tout. « I ya ! » a aussi, dans la vie quotidienne et le langage courant, le sens de « Bienvenu(e), Bonne arrivée ! ». C’est ainsi qu’on dira « I ya ! » à l’homme qui revient fatigué des champs ou à la femme qui en revient chargée de bagages sur la tête, à la mère qui arrive du marché ou au frère qui rentre d’un voyage habituel. L’intonation est alors fonction du degré de fatigue perçu dans l’allure du paysan, du poids porté par la paysanne ou du motif (funérailles, visite de courtoisie, etc.) pour lequel le voyage a été effectué.

Cela dit, il existe bien d’autres formules pour souhaiter la bienvenue en gouro. Des formules moins connues parce qu’elles sont moins utilisées, des formules moins utilisées parce qu’elles sont réservées à des occasions peu ordinaires. À un être cher parti loin ou pendant longtemps, à quelqu’un qu’on ne voit pas souvent et qui vous surprend un matin, on lui dit « Mi sia oh ! », « I sin ! » ou « A tour ! ». La première de ces trois formules signifie littéralement « Je t’ai pris(e) ! »/« Tu es à moi ! ». Ce qui en dit long sur le traitement réservé en pays gouro à l’étranger.

Une fois qu’il est installé et qu’il s’est désaltéré, on demande au nouvel arrivant « I si nan ni? » ou « Bhê nan ni ? ». Telles sont les formules consacrées pour s’enquérir des nouvelles. Le « (mi) zouolaatchi » est en général bien moins protocolaire chez les Gouro que chez les Baoulé ou les Agni. Plus familièrement, et selon le moment de la journée, on peut demander plutôt : « Bhlali pa (drô) ? » (Et ce matin?), « Yiéi pa (drô) ? » (Et cet après-midi?) , « Gnranli pa (drô) ? » (Et cette soirée?).

Au moment de se séparer, d’autres formules prennent la relève pour souhaiter « Bonne route ! » ou « Bon voyage ! ». En gouro cela donne « I bhô drô ! ». On peut aussi dire « Mi an trê ! » (À demain !), « Mi an yi bé ta/anh » (À un autre jour !) ou « Ka ya yi faa man ! » (À toujours !). L’expression « I yia oh ! » veut dire, quant à elle, « Dors bien ! ». À priori, on l’utilise pour souhaiter la bonne nuit à une personne de qui l’on prend congé après le crépuscule. Mais on peut se coucher et dormir à tout moment de la journée. L’expression en est ainsi venue à signifier simplement « Au revoir ! », adressée non pas à quelqu’un qui voyage mais qui rentre simplement à la maison.

Sur ce, « Ka ya yi bé ta oh ! »

Par Dr. DJANDUÉ Bi Drombé

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