LES FEMMES AFRICAINES HIER, AUJOURD’HUI ET DEMAIN (1ère Partie)

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INTRODUCTION

Si l’Afrique bouge, ainsi que le démontrent de nombreuses études et statistiques sérieuses, ce n’est pas du fait de la danse et de la musique, c’est parce que les femmes sont sans cesse en mouvement, elles qui ne cessent d’accoucher, d’éduquer les enfants, de travailler, d’innover et de se réinventer. Elles ne cessent de défier les hommes, de les égaler et même de les surclasser dans des secteurs qui leur étaient traditionnellement réservés. 

Moi qui voulais parler des femmes africaines sans mentionner les hommes, à peine je commence que le mot est lâché ! Car personnellement, j’en ai marre de voir que chaque fois que quelqu’un aborde ce thème, l’homme soit présenté comme l’éternel ennemi de la femme, le responsable de tous ses maux, celui qui conspire pour la maintenir dans les profondeurs et l’empêche d’émerger, et qui devrait donc disparaître afin qu’elle paraisse au grand jour.

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Ce n’est pas que tout cela soit totalement faux, mais à force de le rabâcher, on en vient à s’en lasser. En plus, je suis convaincu de deux choses : tous les hommes ne sont pas des ennemis de la femme comme on peut le constater dans la vie de tous les jours, et tous les ennemis de la femme ne sont pas non plus des machos chauves et barbus.  

Dans tous les cas, le sort des femmes africaines ne se trouve pas entre les mains des hommes, ce serait une injure de le penser, mais entre leurs propres mains. En outre, et à l’image de  Mary Wollstonecraft, « Je ne souhaite pas que les femmes aient le pouvoir sur les hommes mais plutôt sur elles-mêmes », ni que les hommes aient le pouvoir sur les femmes mais plutôt sur eux-mêmes.

Aucune force ne construit l’être humain plus que celle qu’il dirige contre ses propres faiblesses.

Mieux, la femme et l’homme sont deux destins interdépendants, l’un étant la moitié de l’autre et, soit dit en passant, il faut une bonne raison pour que deux êtres si différents s’attirent avec autant de force. C’est sans doute pour cela aussi qu’il est pratiquement impossible de parler de la femme sans faire allusion à l’homme et vice-versa.

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Dès lors, je ne peux que renoncer à mon objectif initial et assumer tous les risques liés à cette entreprise. Mais ce n’est qu’un renoncement partiel. Faire allusion aux hommes oui, mais sans les indexer comme les seuls ou les principaux obstacles à la promotion ou au bien-être des femmes. Je pars donc de l’hypothèse que si « derrière un grand homme il y a une grande femme », derrière une grande femme il peut aussi y avoir un grand homme. Les sociétés humaines sont constituées d’hommes et de femmes qui entretiennent des relations conflictuelles certes,  mais qui se soutiennent aussi mutuellement dans tous les domaines.

Ces dernières années, de nombreuses études ont fait état des progrès réalisés par les femmes du monde en général et par celles du continent noir en particulier.  Cet intérêt croissant pour la situation de la femme est le résultat de décennies de lutte pour la cause féminine, mais dénote aussi la reconnaissance d’une humanité qui sait très bien ce qu’elle doit à la féminité.

L’essentiel, selon Saint-Exupéry, est invisible aux yeux. Ces études tentent de rendre visibles des vies quotidiennement investies dans des travaux difficiles et des mariages problématiques, livrées pour le bonheur de beaucoup, sacrifiées sur l’autel de l’amour maternel.

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Elles tracent aussi une trajectoire, racontent une histoire en montrant d’où viennent les femmes africaines pour être là elles se trouvent aujourd’hui et vers où elles s’orientent. Je veux emprunter le même chemin mais en jouant plutôt des cœurs que des chiffres, ou pas seulement des chiffres ; parce qu’il est parfois nécessaire de donner une base objective aux idées et aux sentiments. Par ailleurs, en même temps que les chiffres et les pourcentages rendent visibles la réalité d’une façon particulière, ils la diluent dans l’anonymat de la généralité, la dépersonnalisent et la désincarnent.

J’ai été mis au monde et élevé par une paysanne analphabète si courageuse qu’elle sut parfaitement être aussi pour moi un père. En commençant mes études universitaires, et pendant de longues années, une grande sœur m’a accueilli chez elle et, avec les revenus de son petit commerce, m’a apporté toute l’assistance nécessaire; aujourd’hui je suis marié et père de deux filles. « Une femme peut changer le destin d’un homme », affirme Severo Ochoa. Le mien a été façonné par plusieurs femmes ; ce sont elles qui le définissent et l’inspirent. Je parle donc mieux des femmes avec le cœur qu’avec la raison. Et heureusement que sur ces sujets touchant directement à la vie, c’est le cœur qui a presque toujours raison.

Suite: LES FEMMES AFRICAINES HIER, AUJOURD’HUI ET DEMAIN (Suite 01)

Par Djandué Bi Drombé

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