LES FEMMES AFRICAINES HIER, AUJOURD’HUI ET DEMAIN (11ème Partie)

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III. ¿ET DEMAIN? (2ème partie)

Il est évident en effet, comme le note si bien l’écrivain ivoirienne Fatou Kéita (2012), que « Women can do everything men do », c’est-à-dire, « Les femmes peuvent faire tout ce que font les hommes. » Mieux, les femmes peuvent faire beaucoup plus de choses, et les faire encore mieux que les hommes. Cependant, devraient-elles tout faire dans les conditions sociales normales de température et de pression? Telle est, de mon point de vue, la question la plus sensée.

LES FEMMES AFRICAINES HIER, AUJOURD’HUI ET DEMAIN (Suite 09)

Ils se sont trompés sur toute la ligne ceux qui pensaient que les femmes ne pouvaient pas tout faire, et peut-être sont-ils aussi en train de se tromper lourdement ceux et celles qui pensent que, comme elles peuvent tout faire, alors qu’elles fassent tout.

Être femme est déjà en soi si exigeant qu’il est difficile d’exercer certains métiers et de faire certaines choses sans renoncer à des parts de féminité.

Il est permis de penser que le fait de considérer systématiquement l’homme comme l’adversaire ou l’ennemi de la femme dans beaucoup d’initiatives en faveur des droits de la femme, ait conduit parfois à des positions ou des décisions erronées, en faisant oublier aux personnes impliquées dans ces luttes la réalité fondamentale selon laquelle, en fin de comptes, il s’agit bien de deux êtres humains de sexes différents.

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Des lors, le premier jalon de ce combat en Afrique devrait être de « dépasser la notion ou le concept de femme comme opposé à l’homme pour, de cette façon, pouvoir considérer le genre dans les diverses situations que vivent les femmes dans leurs multiples réalités locales » (Mballo, 2014). L’homme, au risque de me répéter, n’est pas l’ennemi de femme ; il ne mérite pas non plus d’être pris comme référence dans la lutte pour son émancipation, parce que cela n’apporterait de la valeur ajoutée ni à elle ni à la société, bien au contraire.

Simone de Beauvoir dit qu’on ne naît pas femme, on le devient. Il se trouve aussi qu’on ne naît pas homme, on le devient. Mais on naît fille ou garçon et, ce qui est naturel et universellement établi est que les filles deviennent femmes et que les garçons deviennent hommes selon les codes culturels et le système de valeurs d’une société donnée.

On ne choisit pas son sexe, on l’assume. Dans la vie de tous les jours, on est homme ou femme, biologiquement, psychologiquement, culturellement et socialement.

Cependant, s’il est normal que cette catégorisation ou différenciation naturelle influence la répartition des tâches et des rôles dans les sociétés humaines,  rien ne justifie qu’elle donne lieu à autant d’injustices et de discriminations au détriment de la femme.

En réalité, dans aucune réflexion sérieuse et complète sur la femme et son rôle dans la société on ne devrait perdre de vue le fait naturel et fondamental que c’est elle qui accouche. À ce propos, cela interpelle beaucoup que les femmes elles-mêmes, en parlant de ce qu’elles seules peuvent faire, mentionnent effectivement cela en premier lieu: « Nous pouvons être mères […] Et nous parlons du fait de tomber enceinte et de porter dans notre sein un bébé pendant neuf mois » (site enfemenino). Ou dans les propos de Fatou Kéita (2012:78): « Souvenez-vous! Les femmes peuvent apprendre et faire tout ce que font les hommes ; mais les hommes ne peuvent jamais accoucher comme les femmes ! »

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Évidemment, les hommes ne pourront jamais accoucher comme les femmes parce qu’ils ne sont pas dotés du dispositif biologique nécessaire à cela. Ce que les auteures citées présentent presque comme un mérite ne l’est pas au fond.

Il s’agit simplement d’un conditionnement naturel qui suppose pour la femme des obligations sociales auxquelles prétendent la soustraire, totalement ou en partie, certaines idéologies féministes en réponse radicale et vindicative aux abus de la mentalité patriarcale des sociétés traditionnelles qui, de leur côté, ont toujours refusé de lui accorder certains des droits liés à un tel conditionnement biologique.

Ce qui est certain, en revanche, c’est que le fait de pouvoir tomber enceinte et de donner naissance à un bébé est un avantage naturel initial dont la femme ne devrait jamais assumer seule les conséquences, car le rôle de l’homme dont l’intervention rend possible la grossesse dans les conditions normales ne doit jamais non plus se limiter à être géniteur. Il doit être aussi un père avec tous les droits et devoirs y liés.

Les sociétés traditionnelles en général, et africaines en particulier, avaient failli en utilisant cette réalité comme argument pour confiner la femme dans le foyer, réduisant sa féminité à la maternité, faisant de la reproduction d’êtres humains et de la production d’aliments pour les nourrir sa seule ou sa principale fonction sociale.

Ce serait une autre grave erreur, comme cela semble se passer dans certaines régions du monde, sur l’autel de la modernité et de l’égalité des sexes, de chercher à libérer la femme jusque de sa propre féminité et de l’éloigner tellement du foyer qu’elle n’ait même plus le temps de tomber enceinte et d’accoucher.

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Franchement, cela sert-il à quelque chose de rendre la vie meilleure s’il n’y a personne pour la vivre ?

Sinon comment expliquer que dans les pays les plus développés, qui sont aussi en général les plus égalitaires en matière de genre, le taux de natalité soit aussi généralement plus bas qu’ailleurs. Selon les Nations Unies (2014: 9), de nombreux pays européens ont connu une légère hausse de la fécondité durant les cinq ou dix dernières années, insuffisante dans la plupart des cas pour assurer le renouvellement des générations. Des pays d’Europe occidentale tels que l’Allemagne et l’Australie, et presque tous ceux d’Europe de l’est et du sud ont encore des taux de fécondité inférieurs à 1,5 enfant par femme en 2014. Les conséquences démographiques à long terme de la persistance de ces taux varient, du fait que certains des pays cités accueillent des migrants en capacité de travailler, compensant de cette façon le déficit de naissances, quand d’autres, essentiellement d’Europe de l’est, soufrent en plus de l’exode des jeunes.

Suite: LES FEMMES AFRICAINES HIER, AUJOURD’HUI ET DEMAIN (Suite 11)

Par Djandué Bi Drombé

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