LES FEMMES AFRICAINES HIER, AUJOURD’HUI ET DEMAIN (10ème Partie)

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III. ET DEMAIN? (1ère partie)

À propos de demain, ce dont est vraiment sûr c’est que c’est un autre jour, et à chaque jour suffit sa peine. Sans doute aucun, les femmes africaines de demain seront à l’image de la société africaine de demain ; ce qui est presque la même chose que de dire que l’enfant qui va naître, si ce n’est pas un garçon ce sera une fille. Ce qu’il se passe c’est que l’avenir arrive toujours avec de nouveaux défis dont certains restent hors de portée de l’entendement humain pour être ce qu’il est, et d’autres susceptibles d’être pressentis à partir de données objectives du présent.

LES FEMMES AFRICAINES HIER, AUJOURD’HUI ET DEMAIN (Suite 08)

Quoi qu’il en soit, je me trouve dans un moment et une situation historiques moins conflictuels et moins périlleux que Martin Luther King pour rêver. Je fais donc un rêve, le rêve de voir mes deux filles devenir femmes dans un continent où la femme ne sera plus la chose de l’homme mais un autre être humain avec les mêmes droits et les mêmes prérogatives ; le rêve de les voir vivre dans un pays où les hommes et les femmes parlent d’égal à égale, se rencontrent dans les mêmes espaces pour jouer les mêmes rôles au profit de toute la nation…

Je fais le grand rêve de voir les sociétés africaines encore trop masculines devenir plus humaines en permettant à la femme de trouver pleinement et totalement sa place en leur sein, pour paraphraser Henrik Johan Ibsen quand il affirme: « Notre société est masculine et ne sera humaine que lorsque la femme y entrera… ».

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Cependant, quelque chose me pousse à croire que le fait que nous soyons encore des pays dits sous-développés en Afrique a un avantage, et nous serions les plus à plaindre de la terre si nous n’en tirions pas le meilleur profit ; c’est-à-dire la possibilité historique de nous développer en évitant les pièges et les erreurs des pays dits développés, à moins que la force des pouvoirs supranationaux invisibles et la fragilité organisée de nos pouvoirs locaux ne nous induisent dans des erreurs encore plus graves. Ou le destin.

Ma conviction personnelle est que la plus grande menace liée à la mondialisation est la tentation et le risque de l’uniformisation. Et ce serait déjà la fin du monde, étant entendu que ce monde n’existe que par la diversité des cultures et des valeurs. Comment ne pas croire alors Zadi Kessy (2010: 133) qui pense, et à juste titre, que le modèle occidental de développement, malgré les valeurs universelles qu’il referme, n’est pas transposable partout en l’état. Il faut bien que chaque être humain se sente un peu étranger quelque part non seulement pour apprendre des autres mais aussi pour mieux se connaître soi-même.

Poser les bonnes questions est aussi important que trouver les bonnes réponses. Et chercher à répondre aux questions qui en réalité ne se posent pas est le chemin le plus court et le plus sûr pour se tromper.

Voyons un peu, dans le combat légitime pour l’émancipation de la femme et la promotion du genre, la bonne question n’est peut-être pas de savoir si la femme peut tout faire mais si elle doit tout faire. C’est-à-dire, tout ce que fait l’homme, étant bien entendu qu’aucun n’être humain n’est capable de tout faire. Le « oui » catégorique, qui est la bonne réponse à la mauvaise question, est sans doute plutôt la mauvaise réponse à la bonne question.

Suite: LES FEMMES AFRICAINES HIER, AUJOURD’HUI ET DEMAIN (Suite 10)

Par Djandué Bi Drombé

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