LES FEMMES AFRICAINES HIER, AUJOURD’HUI ET DEMAIN (2ème Partie)

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I. LES FEMMES AFRICAINES HIER

Qu’en était-il des femmes africaines hier? C’est-à-dire dans les sociétés traditionnelles dont certains traits psychologiques et idéologiques persistent encore aujourd’hui, non seulement en milieu rural mais aussi dans les grandes villes, parce que le changement de mentalité ne se produit jamais à la même vitesse que celui de l’environnement physique et matériel ; quoique « les idées, les conceptions et les notions des personnes changent avec toute transformation intervenue dans leurs conditions de vie, leurs relations et leur existence sociales » (Karl Marx, 1962: 43).

LES FEMMES AFRICAINES HIER, AUJOURD’HUI ET DEMAIN

Qu’en était-il donc des femmes africaines autrefois?

Une femme le dirait sans doute mieux que moi : « Pour l’homme africain, la femme n’a pas besoin de plus de connaissances qu’il n’en faut pour tenir son foyer, ce qui représente une mentalité, un type de société et des lois faites par l’homme avec toujours pour lui le droit d’être servi et soigné » (Rope Ganet, 1993). Et qu’un homme le reconnaisse ensuite achève de convaincre les plus sceptiques. Ndiobo Mballo (2014) est sénégalais et secrétaire exécutif d’une Ong. On lui doit ces propos:

ndiobo

Jusqu’à il y a peu, la vision généralisée dans certains pays africains était celle de la femme comme un être inférieur à l’homme, un être faible, un être moins intelligent qu’il faut guider et protéger. La place de la femme est dans le foyer et son rôle est de « donner des enfants » et de satisfaire aux besoins alimentaires de la famille.  Elle est stigmatisée, montrée du doigt, parfois répudiée si elle ne parvient pas à donner des descendants, car la fécondité est la chose qui la définit le mieux: elle est la propriété de l’homme et se trouve reléguée à un second plan.

Une manifestation concrète en est que, jusqu’à ce que la pratique scolaire soit généralisée, les petits garçons avaient toujours la priorité au moment d’envoyer les enfants à l’école. Ainsi que l’explique Manfredi, on a commencé par scolariser un membre de la famille, toujours de sexe masculin, afin qu’il puisse soutenir le groupe familial à partir de son nouveau statut. La fille n’a accédé au système éducatif que lorsque la pratique de la scolarisation s’est répandue en surmontant les barrières culturelles et économiques.

On comprend par-là le taux d’analphabétisme généralement très élevé pour la frange féminine de la population, le manque de compétitivité des femmes sur le marché du travail et la situation socioéconomique précaire qui les infantilisent et les obligent à vivre au crochet des hommes, attendant presque tout du mari, du père ou du frère. Dans les sociétés traditionnelles africaines, mais pas seulement, le foyer est le poste de travail de la femme, faire des enfants et les éduquer sa principale fonction sociale et se marier la meilleure chose qui puisse lui arriver.

Suite: LES FEMMES AFRICAINES HIER, AUJOURD’HUI ET DEMAIN (Suite 02)

Par Djandué Bi Drombé

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