LES ENSEIGNANTS SONT-ILS LES SEULS À SE RÉJOUIR DES VIREMENTS?

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Non, ne nous complexons pas, pas du tout. Les enseignants ne sont pas les plus et les seuls qui exultent à l’annonce des virements. Quand on est salarié, on est tous logé à la même enseigne, celle des fins de mois poussives. Ce n’est pas nouveau. Bernard Dadié en parlait déjà dans Climbié, le premier roman ivoirien écrit en 1953. C’est évident qu’avec un certain niveau de revenus, les émotions ne sont pas les mêmes mais personne, je dis bien personne ne reste indifférent à l’annonce des salaires. Pourquoi? Simplement parce qu’un salarié reste un salarié, c’est-à-dire celui qui attend qu’on le libère afin qu’il soit heureux. Je suis souvent amusé quand des collègues s’en prennent à d’autres relativement au langage codé pour confirmer que les virements sont faits.

À y voir de près, je crois que c’est juste une manière de plaisanter, de montrer que nous sommes ensemble. Il n’y a rien d’infamant pour la profession. Absolument rien. Quand on n’est pas proche d’un corps de fonctionnaires autre que l’enseignement, on a l’impression que le nôtre aime se dévoiler outrageusement devant l’argent. Eh bien, c’est faux! Devant l’argent, nous sommes tous pareils. Il y a peu, j’ai été en relation avec un travailleur de l’ONUCI. À l’annonce de la paie, lui et ses collègues de l’ONUCI ne boudaient pas leur plaisir. J’ai connu des agents des régies financières, notamment un fondé de pouvoir au trésor, malheureusement décédé aujourd’hui. Tout comme les enseignants aiment bien se taquiner, il était aussi souvent aux aguets. Il ne manquait pas de s’exclamer à nous, si nous avions ce jour-là, l’occasion d’être à ses côtés. Dans le cercle des policiers, quand ils parlent de leurs ‘’tas’’, c’est à qui veut les entendre. Des députés se sont chaleureusement donné l’accolade en exultant bruyamment comme des admis au BAC, à l’annonce de l’augmentation de leurs émoluments. Régulièrement, des footballeurs, pourtant milliardaires, sont entrés en grève de salaires. C’est connu.

Seulement, nous enseignants, l’habitude de la communication est devenue une seconde nature de sorte qu’à la création de cette page, cela a toujours été un plaisir de parler à l’autre, c’est une manière de se détendre entre nous. Ce n’est pas lié à une quelconque misère de l’enseignant, loin de là. Personnellement, même si je ne participe à cette foire de codes assez originale, je m’amuse beaucoup avec ces messages codés. J’en rigole bien. Qui parmi nous n’a pas de Messalia ou toute autre application numérique pour connaître sa position? Tout est à nos pieds pour tout savoir. À la SGCI, il suffit d’appeler le service client pour connaître ta position. Alors, décomplexons-nous. D’ailleurs, et ne l’oublions jamais, les plus grandes manifestations ostentatoires devant l’argent, c’est bien au sommet de nos États africains. Observez-les, vous comprendrez tout. Bonne journée à vous ; de ce pas, je m’en vais saluer maman GENE, il parait qu’elle a accouché.

Par Frédéric GNÉZÉ

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