LES CÉRÉMONIES POST-DÉCÈS CHEZ LES BAOULÉ

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« Les morts ne sont pas morts. » est un vers hautement important du poème intitulé Souffles du recueil de Birago Diop : Leurres et lueurs (1960), éditions Présence africaine. Ce vers résume parfaitement la perception de la mort chez les Africains en général et les Baoulé en particulier. Pour eux, il existe une vie après la mort. C’est la raison essentielle pour laquelle « les morts ne sont pas morts. » En effet, après le décès d’un Baoulé, plusieurs cérémonies se succèdent.

L’annonce du décès ou « sè bolè »

La première cérémonie est l’annonce du décès. Quand une personne rend l’âme chez les Baoulé, le chef du village réunit les chefs de quartiers, les notables, la grande famille du défunt et les autres habitants du village pour annoncer le décès. Cette annonce est suivie de pleurs. Lorsque le décès survient en dehors du village (dans un autre village, une autre région, à l’étranger, etc.), le messager qui arrive pour annoncer le décès va se confier au chef qui réunit tout le village pour l’annonce de la mauvaise nouvelle. Quand le chef est proche du défunt, le messager est confié à un chef de quartier.

Le lavage du corps ou « fuin wunzinlè » ou « saca wunzinlè »

Après l’annonce du décès, suit le lavage du corps. La toilette mortuaire est faite par les hommes quand le défunt est un garçon. Les femmes s’en chargent quand il s’agit d’une des leurs.

Le port du corps ou « fuin swalè » ou « saca swalè »

La deuxième cérémonie est le port du défunt. Pour les Baoulé, l’on ne meurt pas naturellement. C’est quand le vieillissement est très prolongé que l’on soupçonne une mort naturelle. Lorsque quelqu’un meurt donc, la grande famille décide, après une concertation, de faire porter le corps pour qu’il dévoile la cause de sa mort. Là, il indique lui-même les solutions pour éviter que quelqu’un meure après lui.

Le creusage de la tombe ou « kuman kpèlè »

Puis vient l’étape du creusage de la tombe. À ce niveau, l’on demande la terre qui est octroyée sans opposition. Ce moment est l’occasion pour les villageois d’infliger une amende à ceux qui ne vont pas au village. Cela s’appelle le « con’goyawla ». Pendant ce temps, les femmes dansent au son de l’Attoungblan (tambour parleur). Dès l’arrivée des creuseurs de tombe, d’autres types de danses peuvent être exécutés.

Les dons ou « n’zié »

Les dons se font juste avant le départ pour l’enterrement. Les parents proches, lointains, le veuf ou la veuve, les enfants, les beaux-parents et les amis et connaissances sont invités à faire leur don.

L’enterrement ou « siélè »

Après les dons, vient le moment crucial de l’ultime séparation. Ce moment difficile à supporter se fait dans la douleur avec des pleurs et lamentations. Le défunt est soit porté, soit mis dans une voiture ou un corbillard pour être conduit au cimetière ou « assiéliè ». Il est accompagné par les villageois pour son dernier voyage.

Par DJLAGNY

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