LES APPORTS DE L’AFRIQUE À L’HUMANITÉ (2ème Partie et Fin)

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L’agriculture

La Banque Mondiale a qualifié la production traditionnelle de banane en Afrique occidentale –qui n’utilise pas de fertilisants chimiques, de pesticides ou d’herbicides- comme « l’un des systèmes de production alimentaire les plus productifs qu’on connaisse » (David Seckler, 1991).

LES APPORTS DE L’AFRIQUE À L’HUMANITÉ (1ère Partie)

La zone rizicole d’Afrique occidentale contient une plus grande diversité de systèmes de production et de pratiques agricoles que les zones rizicoles d’Asie, la seule autre région où le riz est domestiqué. La production de riz dans les zones inondées par l’eau de mer dans l’écosystème sec-marin de la Sénégambie, est en phase avec une connaissance précise des sols, des marées océaniques et des techniques pour gagner du terrain sur la mer. Cela nécessite la manipulation et la régulation de plusieurs types de régimes d’eau afin de rendre les cultures possibles tout au long de l’année. Ce système très complexe et sophistiqué, qui favorise la culture continue et des rendements élevés, qui ne nécessitent ni mise en jachère ni rotation des cultures, a suscité l’admiration des experts occidentaux. « En intégrant la variation des types de sols, la topographie et les régimes d’humidité aux objectifs de la production alimentaire, les agriculteurs ouest-africains ont réussi à développer un système agricole qui minimise l’impact des contraintes de production. Les premiers Portugais à atteindre la côte de la Sénégambie en 1444 ont été émerveillés par l’ingéniosité humaine qui a créé ce système de production alimentaire, ainsi que ceux qui l’étudient plus de 500 ans plus tard » (Judith Carney, 1991).

 L’égalité du genre

Dans la mythologie du Dahomey, le monde divin est administré par plusieurs couples de jumeaux des deux sexes, une légende qui a inspiré le système original et unique de ce pays, consistant à confier l’administration publique à des couples mixtes au XVIIIe siècle. Chaque fonctionnaire de sexe masculin avait un homologue féminin qui travaillait avec lui et surveillait également son travail. Ce système administratif du Dahomey, qui plaçait les femmes dans la position de « surveillantes » des hommes, incorporait « des contrôles institutionnels d’une efficacité inhabituelle ». En outre, ce système de couples mixtes a permis au Dahomey d’atteindre une véritable égalité entre hommes et femmes sur le lieu de travail, de manière à garantir l’excellence, l’efficacité et la probité publique: « L’administration du Dahomey a atteint l’excellence en honnêteté, précision et fiabilité » (Karl Polanyi, 1965). Aucun autre pays au monde n’a réussi à imiter cette réalisation impressionnante.

La gouvernance 

L’anthropologue anglais R. S. Rattray a trouvé « une ressemblance très remarquable entre la constitution de la Grèce antique et celle des Ashanti » (Ashanti Law and Constitution, 1929). À ses yeux, la Constitution Ashanti était plus avancée sur plusieurs aspects que celle de la Grande-Bretagne et la démocratie ashanti était plus proche de l’idéal démocratique que la démocratie britannique: « Nous avons ici une égalité beaucoup plus réelle que celles de nos lois [anglais] ». Lorsque la loi et les pratiques constitutionnelles d’Ashanti n’étaient pas supérieures à celles de la Grande-Bretagne, elles étaient de qualité similaire: « Les lois coutumières Ashanti ont engendré des normes de comportement et de conduite qui ne différaient pas de « notre » code éthique et moral [anglais] ».

Le système démocratique de Gada du peuple oromo du nord-est de l’Afrique, qui pour la première fois a attiré l’attention de l’Occident au XVIe siècle, a également été reconnu par les Européens comme étant plus démocratique que celui de l’Europe à l’époque. Plusieurs voyageurs occidentaux qui ont pu étudier le système Gada aux XIXe et XXe siècles l’ont décrit comme une démocratie sans précédent (Hamdesa Tuso, 2000). Un voyageur anglais qui s’est rendu en Abyssinie au XIXe siècle a déclaré que le système démocratique de Gada était supérieur à tous les systèmes de gouvernement républicain existants dans le monde (W. Plowden, 1868).

Plusieurs pays africains ont mis au point des systèmes de résolution des conflits très efficaces. Le système de gestion des conflits d’Arusha (Afrique de l’est) a été très apprécié par les spécialistes occidentaux. Le professeur Kenneth Carlston a estimé que le processus d’Arusha de résolution des conflits était « ingénieux », « innovant », « sophistiqué » et pouvait servir de modèle pour résoudre les conflits nationaux et internationaux: « Ils ont développé le processus de médiation à un degré tel que aussi bien les secteurs du capital que du travail, dans les sociétés nationales et dans les États de la société internationale, pourraient bien l’envier et l’imiter aujourd’hui … L’expérience d’Arusha montre un nouveau modèle possible de société internationale de la paix » (13).

Les institutions autochtones africaines, efficaces, des « Ombudsmen » (Défenseurs du peuple) semblent avoir été une caractéristique standard de l’Afrique pré-coloniale. Les institutions qui remplissent une fonction similaire à celle de l’Ombudsman suédois étaient si omniprésentes dans l’Afrique précoloniale que William Zartman, professeur de gestion des conflits à l’Université Johns Hopkins, a déclaré: « L’Ombudsman semble être une invention de l’Afrique, bien que mieux connue en Occident sous un nom scandinave ».

Par Meryvn CLAXTON, 2011/ Traduit de l’anglais à l’espagnol par ALAI et de l’espagnol au français par Djandué Bi Drombé

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