LES APPORTS DE L’AFRIQUE À L’HUMANITÉ (1ère Partie)

0 117

Obtenez des mises à jour en temps réel directement sur votre appareil, abonnez-vous dès maintenant à Attoungblan.net.

L’Afrique a apporté beaucoup à la civilisation mondiale. Notre histoire n’a pas commencé par l’esclavage pour se poursuivre avec la colonisation. Ces deux catastrophes historiques mises en avant par les manuels scolaires, et tous les discours et les thèses anti-noir ont fortement contribué à briser les Noirs africains dans leur auto estime, leur fierté, leur amour propre. Globalement, on a toujours tenté de nous faire croire que l’Afrique et le Noir n’ont jamais rien fait de grand dans l’histoire de l’humanité. Toutes les grandes découvertes qui ont fait avancer l’humanité ont été systématiquement attribuées à des personnes de race blanche ; même Jésus-Christ nous est représenté sous les traits d’un homme blanc alors qu’on ne sait pas avec certitude quelle était sa couleur de peau. Le travail de désintoxication culturelle et idéologique des Noirs africains, pour qu’ils se remettent debout, passe donc nécessairement par la restauration de la vérité historique. C’est à cela que participe à sa façon Meryvn Claxton, ex diplomate de Trinité et Tobago et ex fonctionnaire de l’Unesco, dans un article que j’ai entrepris de traduire pour tous les francophones. Bonne lecture sur Attoungblan.net !

 La technologie du fer

220px-Iron_bloom

À supposer qu’il n’ait existé qu’un seul centre (Moyen Orient) à partir duquel la métallurgie du fer a été répandue, la plupart des historiens ont pensé que  la sidérurgie avait été introduite en Afrique depuis l’Asie occidentale, d’abord vers l’Égypte antique et ensuite, au IIIe siècle av-J-C, vers l’Afrique occidentale à travers Carthage et la Nubie. Ils se sont trompé : « La fonte du cuivre avait cours dans le Sahara d’Afrique occidentale et le Sahel, au moins depuis 2000 av-J-C. Cela a pu être le précurseur d’une découverte indépendante de la métallurgie du fer en Afrique. Cette hypothèse est renforcée par le fait que les techniques de fonte du fer par les forgerons en Afrique subsaharienne étaient assez différentes de celles de la Méditerranée pour militer en faveur d’un développement indépendant: les forgerons africains avaient découvert comment produire les hautes températures dans les fours villageois plus de 2000 ans avant les fours Bessemer d’Europe et d’Amérique du XIXe siècle. » (Jared Diamond, 1997).

Une étude scientifique postérieure de l’Unesco a confirmé l’hypothèse de Diamond. Elle a conclu que la technologie du fer n’est pas arrivée en Afrique de l’ouest depuis l’Asie, mais que l’Afrique avait inventé de façon indépendante sa propre technologie sidérurgique il y a 5000 ans. Les analyses réalisées sur les restes de fer extraits pendant la décennie 1980, montrent qu’on travaillait déjà le fer au moins depuis quelques 1500 ans av-J-C à Termit, à l’est du Niger. Du matériel déterré à Egaro, à l’ouest de Termit, a été daté  entre 3000 et 2500 ans av-J-C (Ehret Christopher, 2002). On en déduit que la technologie du fer d’Afrique est aussi vieille que celle du Moyen Orient, la région à partir de laquelle l’Europe a acquise sa technologie sidérurgique beaucoup plus tard, autour de 1000 ans av-J-C.

Mieux, la technologie traditionnelle africaine pour travailler le fer est non seulement plus vieille, mais son inventivité et la variété des pratiques métallurgiques déployées sont incomparables dans le monde. « De fait, c’est seulement en Afrique qu’on trouve une gamme si large de pratiques dans le processus de réduction directe [une méthode dans laquelle le métal s’obtient en une seule opération, sans fusion], et des travailleurs métallurgiques qui étaient si ingénieux qu’ils pouvaient extraire le fer de fours faits dans des troncs de bananier. » (Unesco, 2002).

Les arts

La remarquable inventivité mise en évidence par l’ancienne technologie sidérurgique africaine se reflète aussi dans l’art […]. L’art africain montre des niveaux extraordinaires d’habileté technique. Les pièces en bronze fondu découvertes dans une tombe du Xe siècle à Igbo-Ukwu (à l’est du Nigeria) sont classées parmi « les œuvres en métal fondu de la plus grande audace et maitrise technique jamais réalisées » (PT Craddock, 1991). Du fait de leur surprenante technique, les experts occidentaux ont d’abord douté de l’exactitude d’une si précoce localisation temporelle des bronzes Igbo-Ukwu. Ces doutes ont été levés quand il a été révélé que les mines qui fournissaient le minerai de métal utilisé dans la fonte avaient été travaillées entre les années 895 et 1000 Apr-J-C.

placez-l-art-africain-de-pC3A9troglyphe-d-C3A9lC3A9ments-61095642

Dans les premières années du XXe siècle, les artistes progressistes européens ont cherché des alternatives à un style d’art dont ils sentaient les possibilités de développement s’épuiser, leur laissant peu ou pas du tout de marge pour l’originalité. Cela a coïncidé avec un intérêt croissant pour les nouvelles formes de combinaison de l’idéal avec le réel et de synthèse du conceptuel avec le perceptif. L’art africain est venu à son secours. Quand l’art occidental était narratif dans son contenu, l’art tribal africain était iconographique ; quand l’art occidental était perceptif et représentatif dans son style, l’art africain était conceptuel et idéographique ; quand l’art occidental était naturaliste dans ses proportions, l’art africain rejetait le naturalisme. C’est la « découverte » de l’art africain qui a servi de tremplin pour que de jeunes artistes européens fassent le saut de l’imagination qui les a libérés des restrictions esthétiques de la tradition classique. Avec le cubisme et, dans une certaine mesure, le surréalisme, l’art occidental a acquis une qualité magique, spirituelle, qui est africaine dans sa quintessence.

Picasso a parlé du « shock » et de la « révélation » qu’il a eus quand il a vu les masques tribaux africains pour la première fois. Il dira plus tard qu’à partir de ce moment il a compris ce qu’est la peinture. Picasso a avoué à sa compagne, Françoise Gilot: « la peinture n’est pas une opération esthétique; c’est une forme de magie conçue comme médiatrice entre un monde étranger et hostile d’une part et nous d’autre part, comme une façon de prendre les commandes en donnant forme à nos peurs et à nos désirs.” Picasso a décrit ensuite son célèbre tableau cubiste, « Les Demoiselles d’Avignon », comme sa première œuvre d’exorcisme. (William Rubin, 1984).

Suite: LES APPORTS DE L’AFRIQUE À L’HUMANITÉ (2ème Partie et Fin)

Par Meryvn CLAXTON, 2011/ Traduit de l’anglais à l’espagnol par ALAI et de l’espagnol au français par Djandué Bi Drombé

Commentaires
Loading...
%d blogueurs aiment cette page :