L’ECO ENTRE PROMESSES ET RÉALITÉS (4ème Partie)

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c. Ratio encours dettes/PIB inférieur ou égal à 70%

Ce critère de convergence fait partie de l’héritage que l’UEMOA lègue à la CEDEAO. Ce critère est une licence qui ouvre la porte à tous les excès en matière d’endettement. Il sert de référent pour l’appréciation que le FMI émet sur les économies ainsi que pour les notes que les agences de notation attribuent aux États. Tous les pays de l’UEMOA justifient leur course à l’endettement par le fait que leur niveau d’endettement se situe en-dessous de la limite autorisée. En 2018, ce taux était le suivant (%) : Bénin (56,2), BF (42,3), CI (48,6), GB (50,1), Mali (36,6), Niger (45,4), Sénégal (54), Togo (70,9). Ils sont respectivement de 59,4 et 19,1 au Ghana et au Nigeria.

La dette nigériane a une particularité qui la distingue de celle des pays de l’UEMOA. En plus d’être relativement faible, la dette nigériane est majoritairement libellée en monnaie locale (70%) et non en devises comme la dette des pays de l’UEMOA. Cette situation procure deux avantages au Nigeria. D’une part, sa dette échappe aux éventuelles fluctuations des termes de change. D’autre part, le remboursement de celle-ci se faisant en monnaie locale (Naira), le Nigeria préserve le stock de ses réserves de change qui s’élèvent à environ 13 mois d’importations. Il est très peu probable que le Nigeria accepte de partager cette réserve avec une puissance étrangère au nom d’une quelconque stabilité monétaire.

L’ECO ENTRE PROMESSES ET RÉALITÉS (3ème Partie)

Par ailleurs, il est établi que le PIB des pays de la zone UEMOA génère très peu de recettes fiscales. L’évolution de l’économie réelle (production) ne suit pas celle du PIB. Le critère de ratio/PIB en dessous de 70% est donc illusoire. C’est pourquoi, bien qu’ayant des taux d’endettement en dessous de 70%, la dette de ces pays inquiète. Le dernier sommet du G7 a été très critique sur le décalage entre la dette des pays pauvres et leurs recettes fiscales. Il y a plus inquiétant, la dette privée a atteint des niveaux jamais approchés dans le passé.

En Afrique subsaharienne, la proportion de la dette privée par rapport à l’ensemble de la dette est passée de 13% en 2009 à 41% en 2018. Ce qui induit une augmentation des dettes à court terme dans le portefeuille de la dette des pays de cette zone, une situation qui rend davantage vulnérables les économies de ces pays. L’explosion de de la bulle de la dette pourrait être fatale à leurs économies. L’économie est une science dont tous les éléments s’articulent harmonieusement les uns aux autres. Ne pouvant satisfaire les exigences de premier rang, c’est tout naturellement que les pays de l’UEMOA ont du mal à respecter les exigences des critères de deuxième rang.

Suite: L’ECO ENTRE PROMESSES ET RÉALITÉS (5ème Partie)

Par Justin Katinan KONÉ

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