LE «TCHAKOTO», NOTRE CALEÇON TOUT TERRAIN

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Il était une fois un caleçon tout terrain (CTT) qu’on appelait tchakoto (ou djakoto). Les mauvaises langues l’avaient surnommé «bâche». C’était, jusqu’à une certaine époque, le préféré des filles pendant les cours d’Épreuves physiques et sportives (EPS) au collège et au lycée, grâce au confort de sa couture pratique et sans fioritures.

Sans forcément correspondre en tous points à ce que les Baoulé appellent tchêkoto, il apparaît clairement que, dans la forme tout au moins, c’est de là qu’on est parti pour aboutir à tchakoto. Surtout qu’au-delà des différences esthétiques qu’il peut y avoir entre eux, tous les caleçons jouent à priori le même rôle, obéissent au même usage.

Mais le tchakoto a ceci de particulier qu’il couvre très bien, aussi bien chez l’homme que chez la femme, ce que doit en principe cacher un caleçon. Un comédien ivoirien disait qu’autrefois il fallait d’abord enlever leur caleçon avant de voir les fesses des filles; de nos jours il faut d’abord enlever les fesses avant de voir leur caleçon.

Dans cette blague d’Adama Dahico, le premier caleçon renvoie un peu au tchakoto, et le second clairement au string. Après, on peut se demander si le tchakoto et le string servent exactement la même cause. Il me semble que l’un est vraiment cousu pour couvrir ou voiler (l’austérité dans la pudicité) et l’autre expressément conçu pour ouvrir ou dévoiler (la générosité dans la sensualité).

Le mot gouro tchêklo (caleçon), assez proche du baoulé tchêkoto par la prononciation, fait bien écho de cette vocation du tchakoto à bien couvrir les parties intimes de celui ou celle qui porte le caleçon. Car dans tchêklo il y a tchê- (poils) et -klo (chapeau), ce qui fait du caleçon le chapeau des poils. Or un chapeau, on sait à quoi ça sert.

Par Paul-Bathesty DROMBÉ

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