LE SPECTRE DU DAÏSHI

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Je passe ma journée à la sûreté, dans les bureaux des commissaires. Un spectre de tristesse par-dessus les galons policiers. Les chefs, de nature rigide, sont tous flexibles, ternes, timides, comme des enfants. À peine se saisissent-ils d’un document qu’ils le jettent sur la table en marmonnant : « Éhé Arafat !…» Ici, les policiers n’arrivent pas à se concentrer sur le travail. Le téléphone en main, ils préfèrent cliquer sur Youtube et voguer dans les clips de l’artiste en s’imprégnant de son souvenir…

L’atmosphère est funèbre. Le silence méditatif et douloureux qui plane donne à ce jour de travail des allures de férié. Mardi noir. Les autres jours ne le seront pas moins. L’esprit d’Arafat survole les bureaux et occupe vivement les pensées. Ça nous suivra toute notre vie.

Ici comme ailleurs, l’image du disparu a changé les habitudes et installé la décrépitude. À l’heure actuelle, on ne peut plus rien faire si ce n’est parler du Daïshi. C’est un deuil national. Affliction internationale. Dont on ne se remettra pas de si tôt. L’homme avait une aura. Yôrôbô, ubiquiste à jamais !

Par Louis-César BANCÉ

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