LE POUVOIR POUR SE FAIRE VOIR

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Depuis qu’ils sont au pouvoir, rien n’a changé réellement à part bien sûr leur pouvoir d’achat et de séduction. Et ils sont là, tout juste pour ne pas être ailleurs.

Pendant que la politique sert sous d’autres cieux à organiser la cité et à mieux gérer la res publica, elle sert chez nous à semer la peur et la terreur, la peine et la haine, le désordre et l’anarchie, la guerre et la misère.

Et toujours à indexer l’Occident et à l’accuser d’être à l’origine de nos maux. Mais l’index pointé vers le nord, quatre doigts se détachent et nous accusent.

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Et parce que les Africains sont le problème de l’Afrique, la solution aux maux de l’Afrique devra d’abord venir des Africains. Il y a des décisions à prendre, des comportements à changer, des ruptures à opérer. Mais nos dirigeants et leurs gouvernements inutilement pléthoriques ne semblent pas du tout s’en préoccuper, eux qui sont si haut perchés et si confortablement installés qu’ils devraient en principe voir plus loin que le bout de leur ventre.

Les années passent et nos espérances de vie se dégradent en même temps que nos routes et nos infrastructures oubliées dans les recoins du temps; les dettes de nos États s’accumulent au rythme de fortunes individuelles obscures, les systèmes sanitaires et éducatifs fossilisés ne répondent plus aux normes internationales basiques; les populations oubliées dès la proclamation des résultats faussés des élections sont livrées à elles-mêmes pendant toute la durée du mandat présidentiel.

Une portion de terre, un hymne national et un morceau de tissu coloré ne font pas un État. Il en faut d’avantage, mesdames et messieurs.

Et il n’y a rien de plus mesquin que d’accuser les autres d’être responsables de nos malheurs lorsque nous ne faisons pas tout ce que nous pouvons et devons pour notre bonheur: dépersonnaliser le pouvoir d’État et jeter les bases d’une alternance fluide, définir scientifiquement les priorités, gérer en toute transparence les ressources naturelles, économiques et humaines disponibles, combattre à tout prix la corruption, rendre raisonnable le train de vie des politiques en mettant l’intérêt général au-dessus des considérations personnelles, partisanes et claniques, etc.

L’essor de l’Afrique est à ce prix.

Le sort de l’Afrique dépend de nous.

WILAAZAN KAWISSIÉLO, Extrait de Négrivice 1, 2009, Inédit.

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