LE PHÉNOMÈNE DES TALIBÉ EN CÔTE D’IVOIRE (4ème Partie)

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LE SORT DES JEUNES FILLES (2/3)

Parmi les talibé on trouve des filles. Elles sont confiées au maître talibé selon le même procédé que les jeunes garçons. Par affinité et pour avoir la meilleure éducation dans le but d’être une femme selon les règles de la religion musulmane. Dans la religion musulmane, en effet, la soumission absolue de la femme est le critère prépondérant et une fille qui n’est pas mariée fait le déshonneur de sa famille.

La particularité des relations entre la fille et le maître talibé

À la différence du jeune garçon, la fille, une fois confiée au maître coranique, revient aux femmes de celui-ci. L’éducation de la petite fille leur appartient. La jeune fille est sous la responsabilité d’une femme du harem en ce sens que la quasi-totalité des maîtres talibé sont polygames. Une fois remise à sa nouvelle mère, elle obéit à tout ce que celle-ci lui demande. Parfois les filles réparties entre les différentes mères ne s’entendent pas ou sont hypocrites, à l’image des mères. Des bagarres sont alors récurrentes.

La jeune fille sans extrait de naissance

Les filles arrivent chez le maître coranique sans extrait de naissance. Certaines sont nées de parents analphabètes. Ils n’établissent pas d’actes de naissance. D’autres viennent des pays frontaliers et sont confiées au maître coranique dans l’objectif de leur permettre d’avoir la nationalité ivoirienne. Toutefois, pour le parent et le maître talibé, très souvent analphabètes, le plus important n’est pas la nationalité mais la baraka du maître.

La jeune fille talibé apatride

Ces filles sont chez les maîtres talibé sans document démontrant leur filiation. Il est clair que sans extrait, la petite fille restera à « dogoumankla », le nom de l’école coranique en malinké. À la longue, elle ne pourra avoir de carte nationalité d’identité ou sera tentée par des pratiques frauduleuses pour l’obtenir. Elle risque de devenir une apatride. Or, selon la Charte Africaine des Droits et du Bien-être de l’Enfant (CADBE) : « tout enfant a le droit d’acquérir une nationalité ».

La jeune fille abandonnée

Dès que la fille est confiée au maitre talibé, sa vie n’intéresse plus ses parents biologiques. Le maître coranique devient son parent légitime. Il a sur elle tout pouvoir de décision. Quel que soit ce qui adviendrait, le parent n’a plus le droit de s’en mêler. Le maître est libre de tout acte sur la petite fille. En cas de mariage, la décision revient exclusivement au maître. Si la fille est répudiée par le maître, elle n’a pas le droit de retourner chez ses parents biologiques. La seule chose qu’ils peuvent faire c’est d’aller négocier son retour chez le maître talibé. Dans le cas où la fille refuse d’y retourner, elle est bannie par tous. Selon la CADBE en son article 25, « tout enfant qui est, en permanence ou temporairement privé de son environnement familial pour quelque raison que ce soit, a droit à une protection et une assistance spéciale».

Le quotidien de la jeune fille

La petite fille est exposée à la maltraitance des femmes du maître. Elle s’occupe des travaux champêtres. C’est la fille talibé qui doit accomplir toutes les tâches de la femme. Elle n’a pas droit au repos. Elle est obligée de tout accepter, de peur d’être battue par la femme et le maître.

LE PHÉNOMÈNE DES TALIBÉ EN CÔTE D’IVOIRE (3ème Partie)

Elle n’a droit à aucune explication pour sa défense. Elle doit exécuter toute besogne sans mot dire même en cas de maladie. Le balayage, le nettoyage, la vaisselle, la lessive, la cuisine, en plus des travaux champêtres, constituent ses principales activités. Ce n’est plus une éducation mais plutôt des corvées. Très souvent, les travaux ne sont pas adaptés à son âge. En plus de ces durs labeurs, il lui faut participer régulièrement aux séances de lecture coranique.

Un maître peut avoir à lui seul une centaine d’enfants à son domicile. Leur suivi est ainsi difficile. La nourriture pose problème. Les filles ne bénéficient pas de soins corporels. Elles ont des plaies partout sur le corps. Elles ont des habits en lambeaux. Elles sont rassemblées dans les dortoirs avec les petits garçons. Certaines dorment à la belle étoile.

Une femme a beau être magnanime, elle s’occupera d’abord de ses propres enfants. Alors les jeunes filles talibé sont laissées pour compte. Pour subvenir à leurs besoins, elles sont obligées de racoler. Pourtant, dans la religion musulmane, quand une fille est bien éduquée, en principe, elle n’a ses premiers rapports sexuels qu’à son mariage. Et lorsque cela survient avant, le maître se sent indigné parce que la fille n’a pas suivi les recommandations. Menacée par le maître, elle peut fuguer et se retrouver dans la rue. C’est une fille maudite.

Suite: LE PHÉNOMÈNE DES TALIBÉ EN CÔTE D’IVOIRE (5ème Partie)

Par Azamlangangan

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