LE PHÉNOMÈNE DES TALIBÉ EN CÔTE D’IVOIRE (3ème Partie)

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LE SORT DES JEUNES FILLES (1/3)

Dans l’opinion, le phénomène des talibé est une affaire de jeunes garçons. Mais en réalité, il y a des jeunes filles au domicile des maîtres coranique, parfois transformées en esclaves domestiques. En Côte d’Ivoire, tout comme dans d’autres pays d’Afrique subsaharienne, le tableau est identique et on trouve malheureusement, dans cette catégorie, des jeunes filles.

De tous les abus infligés aux enfants talibé, le sort réservé aux filles est, en effet, plus préoccupant. Chez les maîtres coraniques, les violences faites aux adolescentes sont exacerbées et renforcées sous le double poids de la tradition et de la religion. Elles ne sont pas visibles comme leurs compagnons d’infortune. Elles sont confinées dans la maison du maître, loin des regards.

LE PHÉNOMÈNE DES TALIBÉ EN CÔTE D’IVOIRE (2ème Partie)

« En prison et persécutées », cette situation a des répercussions socioéconomiques majeures pour les filles et la société en termes de dégradation de la qualité de vie mais aussi de perte de productivité, de revenus et d’autonomie. Les jeunes filles talibé sont en permanence chargées des travaux domestiques, le balayage, le nettoyage, d’aller au marigot, la cuisine, la lessive, la vaisselle. Elles sont aussi victimes de mariages précoces et forcés.

La prise en charge des jeunes filles talibé se fait à la fois au niveau international et national. Il faut saluer la fructueuse collaboration entre les partenaires techniques et financiers tels que Unicef, Save the children, le gouvernement ivoirien, les ministères techniques, les ONG et associations, les instances religieuses islamiques et l’ensemble des travailleurs sociaux.

Toutefois, de nombreux défis restent à relever. Des efforts sont à faire pour assurer un accompagnement et une protection plus efficaces en faveur des adolescentes. Leur angoisse et leur peur face au tout-puissant maître coranique, détenteur de la baraka, sont manifestes du fait de l’ignorance et des préjugés. Du coup, les inciter à s’émanciper ou à s’affranchir de cette domination en affole plus d’une.

Assurer une réelle éducation primaire pour tous implique que tous les enfants, garçons comme filles, puissent bénéficier d’une scolarité primaire complète pour combattre le faible niveau d’instruction, l’ignorance ainsi que les comportements défavorables au développement du capital humain. Il est également indispensable de promouvoir l’égalité du genre et l’autonomisation des femmes. Le but visé étant d’éliminer les disparités entre les sexes, notamment dans l’éducation primaire et secondaire.

En permettant aux fillettes et aux adolescentes d’être correctement scolarisées en dehors des daara, dans les mêmes proportions que les garçons, on obtiendra aussi comme résultat la réduction de la mortalité infantile, puisque les jeunes mères seront conscientes de certains problèmes et des moyens pour les éviter. De plus, il est certain qu’une bonne éducation facilite l’autonomie des femmes par un accès normal au marché du travail.

Suite: LE PHÉNOMÈNE DES TALIBÉ EN CÔTE D’IVOIRE (4ème Partie)

Par Azamlangangan

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