LE PHÉNOMÈNE DES TALIBÉ EN CÔTE D’IVOIRE (2ème Partie)

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LA DIALECTIQUE DU MAÎTRE ET DE L’ESCLAVE

Le nord de la Côte d’Ivoire, frontalier de la Guinée, du Mali et du Burkina Faso, est principalement constitué de vastes savanes avec un climat de type soudanais. Ses principales villes sont Korhogo, Ferkessédougou, Boundiali, Odienné et Tingréla. L’immigration massive de musulmans en provenance des trois pays voisins a augmenté significativement le nombre de musulmans en Côte d’Ivoire.

L’islam représente ainsi 42,9% de la population d’après le recensement général de la population et de l’habitat de 2014. La plupart des musulmans sont sunnite de rite malékite. Mais le soufisme tient aussi une place importante. Quatre confréries sont présentes, la qadiriyya et la tidjaniyya étant les plus populaires.

LE PHÉNOMÈNE DES TALIBÉ EN CÔTE D’IVOIRE (1ère Partie)

Jusqu’au début du XXème siècle, les Dioula constituaient la principale communauté musulmane du pays. À ce titre, ils avaient un statut religieux particulier et le monopole de la confection des amulettes. En effet, l’autorité majeure de l’islam ivoirien a longtemps été le marabout. Mais les Dioula ont toujours été rétifs au prosélytisme, et l’apparition de la daara dans les années 1990 les a peu à peu marginalisés. Dans un tel contexte d’influences multifactorielles et de possibles interactions, il est aisé de comprendre la propagation actuelle des daara en Côte d’Ivoire, sur toute l’étendue du territoire national.

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Le confiage

Les parents, faisant confiance à des personnes de renom dans la connaissance du coran ou susceptibles de mieux éduquer leurs enfants, les leur confie pour un prétendu lendemain meilleur. L’enfant doit ressembler au maître, un modèle aux yeux de tous.

Le talibé confié à un maître nomade

Le maître peut être nomade. Il parcourt villes, villages et hameaux pour parler de l’islam et soigner les malades. L’enfant confié dans ces circonstances ne sera plus en contact avec ses parents. Le maître-guérisseur, pour avoir soigné et guéri une personne, peut se voir offrir un enfant pour qu’il soit son précepteur. Ce peut même être une petite fille qui deviendra sa compagne au moment voulu. Toujours est-il que l’enfant qui est donné au maître coranique peut ne plus revenir.

Le talibé chez le maître sédentaire

De nombreux maîtres sont stables. Ils sont dans un endroit fixe en raison de leur célébrité. Ils accueillent les enfants qui viennent de partout en Côte d’Ivoire et/ou de pays frontaliers tels que le Burkina Faso, le Mali ou la Guinée. Certains enfants sont là parce que leurs parents estiment qu’il faut de la rigueur dans leur éducation. D’autres arrivent très jeunes, déjà à trois ans. Lorsque l’enfant arrive chez le maître, il constitue un don pour ce dernier en ce sens que le géniteur n’a plus aucun droit de regard sur son éducation et son devenir.

La relation entre le maître coranique et le talibé

Une fois chez le maître, l’enfant ne réussit dans la vie que grâce à la bénédiction accordée par ce dernier. Nous sommes dans un domaine spirituel. Le maître talibé est un guide spirituel. Il est l’interface entre Dieu et le talibé. Dieu n’accorde la bénédiction à un talibé que lorsque le maître est satisfait de son comportement. En d’autres termes, le maître, satisfait de son talibé, demande la bénédiction de Dieu en sa faveur. Puisqu’il est l’envoyé de Dieu sur terre, Allah ne peut que le lui accorder. Cette bénédiction accordée aux talibé s’appelle « la baraka » en arabe.

La baraka peut venir après des dizaines d’années. Ce n’est qu’après la baraka que le talibé peut prendre son indépendance. Avec cette bénédiction, tout lui réussit selon les acteurs eux-mêmes. Le talibé est donc au service et à la merci du maître, à la recherche de la baraka pour un meilleur avenir. C’est en cela que le talibé est obligé de faire les sacrifices au-delà de l’entendement pour satisfaire son maître.

Suite: LE PHÉNOMÈNE DES TALIBÉ EN CÔTE D’IVOIRE (3ème Partie)

Par Azamlangangan

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