LE PHÉNOMÈNE DES TALIBÉ EN CÔTE D’IVOIRE (1ère Partie)

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INTRODUCTION

La convention relative aux droits de l’enfant adoptée le 20 novembre 1989 a établi comme principes généraux et valeurs reconnues aux enfants : la non-discrimination ; l’intérêt supérieur de l’enfant ; le droit à la vie, à la survie et au développement, la participation ou le fait d’être entendu et de voir son opinion prise en compte.

Toutes ces notions renforçant la protection et la dignité de l’enfant sont menacées par des infanticides, des enlèvements, des séquestrations, des disparitions, des violations, des abus, des traitements inhumains et dégradants, la traite et l’exploitation de mineurs, la vente ou le confiage d’enfants, notamment le phénomène des enfants talibé.

D’après l’Encyclopédie collective, universelle et multilingue en ligne « Wikipédia », au sens étymologique du terme, un « talibé » est un élève ou un disciple apprenant le coran. Au Sénégal, c’est généralement un garçon âgé de 5 à 15 ans, issu d’une famille pauvre, confié par ses parents à un maître coranique (ou marabout) afin que celui-ci se charge de son éducation religieuse. Cette éducation a lieu dans un « daara », une école coranique. En contrepartie, le talibé doit s’acquitter des tâches domestiques et est couramment contraint de mendier dans les rues pour subvenir à ses besoins et à ceux de son maître et sa famille.

La majorité des talibé vit dans des conditions très précaires. Ils sont logés en surnombre dans des maisons délabrées où l’accès à l’eau, l’électricité, la santé et la nourriture est souvent difficile. Les sévices corporels sont courants. Il arrive fréquemment que les enfants soient sévèrement battus parce qu’ils n’ont pas ramené la somme d’argent fixée par leur marabout de maître.

Au pays de la teranga, ce fait social renvoyant à la dialectique du maître et de l’esclave est le résultat à la fois d’une tradition (confier ses enfants garçons à un marabout) et des crises économiques des années 1980 et 1990 qui ont progressivement perverti cette pratique ancienne par la création de nombreux daara dans des villes et des marabouts plus motivés par l’enrichissement personnel que par l’éducation des jeunes. En 2010, le nombre de talibé au Sénégal est estimé à 50 000 par Human Rights Watch. De nombreuses associations dénoncent cet état de fait en parlant d’« esclavage moderne ».

Suite: LE PHÉNOMÈNE DES TALIBÉ EN CÔTE D’IVOIRE (2ème Partie)

Par Azamlangangan

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