LE KAMENDJÊ, FIL ET FILIATION : MÉMOIRE, ART ET CULTURE

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Le Kamendjê est un pagne traditionnel tissé de valeur culturelle de haute portée chez les Gouro de Côte-d’Ivoire. Né de l’impératif grammatical « Kaà man djê » qui signifie « polissons-le/la », « nettoyons-le/la », « bichonnons-le/la », le nom de l’étoffe Kamendjê a une tension esthétique certaine. Il est une quête absolue du beau, du raffiné et surtout de l’équilibré. Kamendjê est un cheminement de l’équilibre et un pari avec le temps dans l’idée de la patience appliquée de l’esthète.

Jeu géométrique et géométral, le tissage du Kamendjê est transmission. À la fois savoir, savoir-faire et mémoire culturelle, le Kamendjê est un ensemble de fils qui établit une réelle filiation antique et post-migratoire. Depuis l’Égypte ancienne, l’art du tissage a forgé des castes incontournables dans la politique culturelle des peuples. La patience du tisserand, la dextérité de son geste, la course de la navette, sont autant de métaphores du temps qui nimbent l’activité du tissage.

Le fil, fils de la mythologie arpente les rapports entre les civilisations et articule les sutures pour générer l’étoffe, une allégorie de la construction. Dans l’élaboration du Kamendjê, Le savoir devient savoir-faire et l’Art de dompter le fil, de le rabibocher, de le câliner devient l’édification d’une mémoire qui véhicule une culture pérenne.

Par DIANDUÉ Parfait, Professeur des Universités

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