LE «GBAHÀ-MLAN» OU LE RITUEL DE LA DEUXIÈME DOT EN PAYS WÊ

0 33

Obtenez des mises à jour en temps réel directement sur votre appareil, abonnez-vous dès maintenant à Attoungblan.net.

Le peuple Wê est situé à l’Ouest de la Côte D’ivoire. Ce peuple reste, malgré la civilisation occidentale, attaché à sa Culture. Le Gbahà-mlan est pratiqué jusqu’à nos jours. Qu’est-ce que c’est que le Gbahà-mlan? En pays Wê, une femme se marie à partir de 18 ans. Après son mariage, lorsqu’elle accouche le dixième enfant dans son foyer, le mari la divorce et va la doter à nouveau.

Après la naissance du dixième enfant, le mari informe d’abord officiellement sa propre famille et précise qu’il est le dixième enfant. Cela sous-entend qu’une cérémonie doit s’en suivre. Puis il se rend dans sa belle-famille avec du rameau et un pot de vin blanc (Bandji) pour lui donner l’information. De retour chez lui, lorsque le cordon ombilical du nouveau-né est tombé, la famille s’organise et choisit un jour pour accompagner la femme dans sa famille. Cette cérémonie se fait en quatre étapes.

TÉMOIN D’UN « KÔKÔ » CHEZ LES WÊ : LE « TISSIA » ET SA SAGESSE

LA PREMIÈRE ÉTAPE

Le mari accompagné de tous ses dix enfants et sa femme se rendent dans le village s’ils ne sont pas du même village où dans la famille de celle-ci. En allant, il va avec un cabri. Arrivé donc dans sa belle-famille, il informe le père où le responsable de famille qu’il divorce sa femme. En signe du divorce, il donne un cabri plus une pièce de 5 francs CFA. Puis il retourne chez lui, laissant sa femme et ses dix enfants dans sa belle-famille.

LA DEUXIÈME ÉTAPE

De retour dans sa famille, il informe tous ses parents, amis et connaissances. Puis, ils conviennent d’un jour pour se rendre dans sa belle-famille afin de doter à nouveau sa femme. C’est l’objet d’une grande fête de réjouissance en pays Wê. Car cette cérémonie a pour objectif d’honorer la femme. Il faut féliciter une femme qui donne naissance à dix personnes.

LA TROISIÈME ÉTAPE

Le jour de cette cérémonie, tout le monde s’habille en blanc. Surtout, le couple et les dix enfants. C’est au son des chants et danses que la cérémonie se déroule. Les deux belles familles ainsi que la notabilité du village se retrouvent dans la cour familiale. Puis, le mari dote sa femme à nouveau. Il donne des couvertures, des pagnes de l’argent et de la boisson. Ensuite, il tue le cabri qu’il avait donné le premier jour pour faire un grand repas. C’est le couple qui mange la tête du cabri. C’est pourquoi on appelle cette cérémonie Gbahà-mlan, c’est-à-dire, le nez du cabri.

LA QUATRIÈME ÉTAPE

Cette partie est symbolique. Le père s’assoit au milieu de l’assemblée et appelle ses enfants par leurs noms proverbiaux par ordre de naissance. Il ne doit pas se tromper de rang ni de nom. Après cette épreuve, c’est la grande joie au village. Il prend par la suite ses dix enfants et sa femme et rentre chez lui.

Source: Kohou Glaody Jean, Notable à Bangolo.

Par  DJEOULAI Ambroise Bionao

Commentaires
Loading...
%d blogueurs aiment cette page :