LE FESTIVAL AHOKO KOUAH’IN DE CONTES DE KRIGAMBO : UNE RICHE RENCONTRE CULTURELLE

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Le vendredi 15 février 2019, la convergence sur le lieu du grand rendez-vous culturel ne passait pas inaperçue. Nombreuses étaient les personnes qui rejoignaient celles déjà présentes à Krigambo au centre-ouest de la Côte d’ivoire, dans le département de Bouaflé, bravant les difficiles 60 km entre Yamoussoukro et Bouaflé. Le trésor au bout valait la peine de faire ce tronçon en piteux état, heureusement en rénovation.

Les festivaliers en provenance de Fresco, d’Abidjan, du pays bété, du nord du pays, de Bouaflé, de partout ; de différentes origines ivoiriennes et africaines, venaient prendre part à cette rencontre initiée pour pérenniser les valeurs et les richesses du terroir.

Les 15, 16 et 17 février, dates à retenir pour la 6ème édition du festival Ahoko Kouah’in de contes, avaient été annoncées officiellement lors de son lancement à l’Institut français d’Abidjan-Plateau. Le festival porte le nom d’Ahoko Kouah’in Gilbert, regretté célèbre conteur dont la renommée dépassait les frontières de la région de la Marahoué. Il pouvait tenir un public en haleine de 20 heures à l’aube, en disant des contes sans en redire un seul.

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Les femmes du Clair de lune ont tenu en haleine les spectateurs et festivaliers avec les jeux exécutés pour égayer et faire des veilles, le vendredi soir. Arts de la parole et de la scène, exhibitions de conteurs et des femmes du Clair de lune, présentation d’objets anciens sont par ailleurs des éléments du menu de la cérémonie d’ouverture officielle au cours de la journée du samedi. Le public a eu droit, entre autres, à l’exposition du poulailler mobile dans lequel la volaille était emportée au champ pour éviter qu’elle soit attaquée par des prédateurs ; à la représentation des tâches et attitudes des femmes qui allaient et revenaient des champs ; au maniement de l’idiophone ahoko ; aux passages d’artistes chanteurs qui ont séduit le public par des chansons a capella en langue baoulé et live en bété. L’artiste Frotomougou, bon ami des tous petits intervenant dans l’émission Ahouaney de la Radio Télévision Ivoirienne, a brillé par son triste et poignant poème dépeignant les réalités de l’esclavage, l’oppression sous différentes coutures et l’aliénation culturelle.

La culture tous azimuts s’est exprimée avec le 97ème café littéraire de l’Association Point de Lecture de monsieur Koffi Koffi, homme de culture et de lettres, Commissaire du festival. C’est au sein du foyer Charles Koffi Diby de Krigambo que l’écrivaine Komara Constance Mariam, lauréate du  premier Prix Isaïe Biton Koulibaly de la nouvelle en 2003 et inspectrice de l’éducation nationale, a échangé avec les nombreux « cafétifouês » sur son recueil de nouvelles intitulé Avec conviction. Ils étaient composés d’une pléiade d’apprenants, d’élèves du Collège privée Saint Pierre de Fresco et du Lycée moderne de Bouaflé qui ont montré leur soif d’apprendre et de comprendre par une vague de questions. Des réalités africaines telles que la polygamie, le viol impliquant par la suite un mariage, les relations parfois tendues entre belle-mère et belle-fille évoquées dans l’œuvres ont mis la salle en effervescence.

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L’apothéose du festival a été la nuit du conte autour du feu de bois. L’infatigable et célèbre conteur Alexy Djisso de « Mensonges d’un soir » a émerveillé plus d’un en gratifiant le parterre de personnalités, Hommes du livre et des médias, de contes et enseignements, encore le dimanche matin.

C’est avec une certaine mélancolie et la promesse de se retrouver plus nombreux pour la 7ème édition du festival Ahoko Kouah’in de contes, en baoulé « Ahoko Kouah’in N’gwa gwa », dans le beau et accueillant village de Krigambo que ce même dimanche matin, les festivaliers ont commencé à se dire au revoir.

Monsieur Koffi Koffi, l’initiateur qui pendant longtemps a tenu la barre du festival, se voit désormais accompagné par les fils du village qui ambitionnent ensemble de faire de Krigambo, village de la sous-préfecture de Pakouabo à quelques 20 Km de Bouaflé, un haut lieu du conte. Le conte, ses enseignements et ses diseurs, lettrés ou non, sont en outre immortalisés dans des œuvres littéraires grâce à la maison d’édition Les Classiques Ivoiriens.

Monsieur Henry N’Koumo a été le représentant du ministre de la culture et de la francophonie, monsieur Maurice Bandaman, à ce festival qui avait pour président M. N’dri Guillaume Didier, sous-préfet de Pakouabo et pour parrain M. Goly Assouaga Daniel. Une minute de silence en l’honneur du professeur Séry Bailly, président d’honneur de la précédente édition, a été observée lors de cérémonie d’ouverture.

Par Lisi YAO

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