LE COÛT DE LA NOUVELLE CARTE D’IDENTITÉ, UN COUP À LA DÉMOCRATIE IVOIRIENNE?

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C’est officiel. Les citoyens ivoiriens doivent débourser la somme de 5000 F CFA pour se faire rétablir la carte nationale d’identité. Cette annonce a été faite par le Porte-parole du gouvernement le 8 mai 2019. Une telle mesure constitue un frein à la participation des populations aux scrutins électoraux à venir. L’un des défis majeurs de la démocratie ivoirienne, c’est d’arriver à une meilleure participation de la population aux joutes électorales mais visiblement, le coût imposé par l’État ne milite pas dans ce sens.

En effet, depuis l’avènement du multipartisme, les Ivoiriens ne sont pas friands de la question électorale. En 1990, lors de l’élection présidentielle, seuls 4. 408.810 Ivoiriens étaient inscrits et seulement 3. 049 133 y avaient participé. En 2010, seuls 5. 784 490 se sont inscrits et 4. 843 445 ont participé au premier tour du scrutin. Pourtant, il s’agissait là de l’une des élections les plus inclusives avec la participation de tous les ténors de la politique nationale.

La population ivoirienne augmente rapidement mais le nombre d’électeurs ne suit pas la même dynamique. Il paraît donc évident que beaucoup d’Ivoiriens n’ont pas la culture électorale. Cette situation est certainement aggravée par la crise post-électorale de 2010 avec son cortège de morts et de blessés. Aujourd’hui, pour de nombreux Ivoiriens, l’élection présidentielle est synonyme de violence.

POLITIQUE IVOIRIENNE : LA MALÉDICTION ? (1ère Partie)

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Ainsi, pour faire la promotion de l’expression démocratique, l’État doit prendre des mesures pour rassurer les citoyens mais aussi les inciter à participer massivement à l’élection de 2020. La première des mesures incitatives devrait être la gratuité de la carte d’identité. Ou alors ce coût devrait être relativement bas. 2000 F CFA comme frais serait pour nous plus raisonnable. Sinon, qu’est-ce qu’un pauvre paysan qui voyage à peine gagnerait à sacrifier son argent de popote pour faire une carte d’identité ? Je ne parle même pas des familles qui ont du mal à s’offrir un repas par jour.

Ce coût imposé ouvre également la voie aux chantages politiques et à l’achat des consciences. En effet, sous nos tropiques, les hommes politiques peuvent échanger les voix des populations contre les cartes d’identité. Ce que nous craignons le plus, c’est de voir le parti au pouvoir utiliser des grands moyens pour permettre à ses militants de se procurer les cartes au détriment des autres citoyens afin de « boucler » et de « gérer » rapidement 2020. Si cette situation arrive, c’est la démocratie ivoirienne qui prendra un coup de massue.

Nous estimons qu’il est temps de travailler pour que les populations participent effectivement aux élections afin d’en finir avec les crises de légitimité entre elles et les dirigeants. Il appartient aussi à la société civile de mener des campagnes de sensibilisation auprès des populations pour expliquer la nécessité de participer aux différents scrutins. Un peuple qui connaît sa valeur réelle et qui assume sa responsabilité à le pouvoir d’influencer les prises de décision.

Par GNAMIEN Attoubré, Lipec

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