LE CHRISTIANISME EN AFRIQUE: ENRICHISSEMENT OU APPAUVRISSEMENT?

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Le Christianisme en Afrique est-il un enrichissement ou un appauvrissement ? Aliène-t-il ou libère-t-il les Africains de la misère, de l’ignorance et du néocolonialisme français responsable en grande partie des souffrances et impasses de l’Afrique francophone ?

Pour nous, le message de Jésus peut être enrichissement, libération et bénédiction s’il est bien interprété par les messagers de “la Bonne nouvelle”, s’il n’est pas mal compris par les destinataires du message, si exhortateurs et exhortés mettent enfin en pratique le message de vérité, de justice et de liberté prêché et vécu par le Nazaréen.

Pourquoi disons-nous cela ? Parce que, de notre point de vue, ce sont ces trois choses (interprétation erronée et mauvaise compréhension de la Bible, fossé entre le dire/croire et le faire) qui sont à la base des dérives et démissions que l’on constate aujourd’hui dans certaines Églises africaines : propension de certains fidèles à tout attendre de Dieu au lieu de travailler ou de se soigner quand ils sont malades, course au merveilleux et au spectaculaire (les miracles), quêtes multiples auxquelles certains pasteurs et prêtres escrocs soumettent les fidèles démunis qui ont déjà du mal à joindre les deux bouts, tendance à voir le diable et le sorcier partout, silence des missionnaires occidentaux lorsque les droits de l’homme africain sont violés par la France et les sous-préfets qu’elle a placés à la tête de nos pays.

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Ces dérives et démissions nous semblent d’autant plus condamnables que le message chrétien appelle clairement à un engagement pour un monde plus juste, plus libre et plus humain. Il s’ensuit que le Christianisme ne peut s’appuyer uniquement sur ses hôpitaux, écoles et fermes agricoles pour espérer s’installer durablement dans le cœur des Africains. Ceux qui s’en revendiquent, ceux qui prétendent que Jésus-Christ est leur Maître et Seigneur, doivent aussi prendre au sérieux les questions liées à la justice sociale et à la souveraineté des pays africains ; ils ne peuvent pas se contenter de parler du Ciel et de l’Enfer alors que le quotidien des Africains est devenu un enfer. Il importe aussi qu’ils se solidarisent avec les exclus et défavorisés, qu’ils parlent haut et fort de temps en temps pour que “la voix des hommes sans voix empêche les puissants de dormir ”.

Aujourd’hui plus que jamais, les disciples du Christ en Afrique, qu’ils soient Anglicans, Catholiques, Évangéliques, Méthodistes, Baptistes, Pentecôtistes, Luthériens ou Chrétiens célestes, doivent comprendre qu’ils sont appelés à “guérir ceux dont le cœur est brisé, rendre la vue aux aveugles, proclamer aux captifs la délivrance, renvoyer en liberté les opprimés” (Lc 4, 16-21). Cela suppose évidemment qu’ils redécouvrent et se réapproprient non seulement le Jésus dépouillé et humble de l’Évangile, mais également le Jésus libre, subversif et proche de ceux que Fanon appelait “les damnés de la terre”.

Par Jean-Claude DJÉRÉKÉ, 2 septembre 2016

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