LA RENCONTRE DES ANCIENS PRÉSIDENTS : ET TOUT REDEVIENT POSSIBLE !

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La photo entrera dans l’histoire, car au-delà de la poignée de main, la rencontre de Bruxelles ouvre à nouveau pour la Côte d’Ivoire le champ de tous les possibles. Elle s’impose de manière irréversible comme cette lueur d’espérance qui permet un nouveau départ. Il y aura désormais un avant et un après Bruxelles.

Cette rencontre entre Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo, les Ivoiriens étaient en effet des millions à l’attendre de toutes leurs forces. Cette rencontre, le peuple tout entier l’espérait, y rêvait, devinait en elle l’amorce d’une nouvelle page de l’histoire de sa terre d’espérance. Il ne manquait que sa concrétisation pour donner au peuple de Côte d’Ivoire l’énergie pour se mobiliser.

Elle a bien sûr nécessité des mois de travail, d’allers-retours entre le PDCI-RDA et le FPI, mais comment pouvait-il en être autrement lorsqu’il s’agit de construire l’histoire. Elle donne une leçon de modestie aux pronostiqueurs intoxiqués par le Palais qui, ces dernières semaines, proclamaient avec beaucoup d’imprudence que les deux hommes ne se verraient finalement pas. Sans doute prenaient-ils leur désir, ou celui de leur Maître, pour la réalité. On est toujours rattrapé par les faits. Et les faits sont désormais là, tenaces. Ils s’imposent à eux comme ils s’imposent au clan qui gouverne ce pays.

Ce moment est en réalité davantage que des retrouvailles entre l’héritier d’Houphouët et celui qui fut son plus féroce opposant. Il est la démonstration que les combats d’hier et d’avant-hier s’effacent devant la gravité de la situation d’aujourd’hui. Les combats d’hier, les deux hommes ne les ont pas éludés, présentant de concert dans le communiqué final « leur compassion et leur solidarité au peuple de Côte d’Ivoire pour les traumatismes et les nombreux préjudices subis lors de la crise post-électorale de novembre 2010 ». Les deux anciens présidents de la République partagent une analyse commune sur la situation actuelle de leur pays qui leur impose « l’urgente nécessité d’œuvrer pour le retour d’une paix définitive et durable en Côte d’Ivoire ».

RENCONTRE GBAGBO/BÉDIÉ : LA COULEUR DE LA FUMÉE BRUXELLOISE

Celle-ci passe par un retour de tous les prisonniers politiques et de tous les exilés au premier rang d’entre eux Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, pourtant acquittés par la CPI. On notera les mots forts d’Henri Konan Bédié qui « s’est particulièrement réjoui » de cet acquittement, souhaitant le retour de son « petit frère » au pays. Les deux hommes sont bien conscients de la nécessité d’unir leurs énergies pour mettre fin aux coups de canif dans l’état de droit, qui se traduit notamment par cette traque par le clan au pouvoir de ses opposants, à l’exemple d’Assoa Adou et de Akoun Laurent qui étaient aux côtés du président Gbagbo et de celui de Noël Akossi Bendjo, qui était aux côtés du président Bédié. Parce-que l’un et l’autre sont des hommes d’État, parce-que l’un et l’autre ont connu la grandeur et la solitude du pouvoir, les deux anciens présidents Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo expriment désormais une volonté réciproque de se faire confiance.

Ils font d’une réforme de la Commission électorale Indépendante la condition de l’organisation d’une élection présidentielle en 2020. Nul doute que celle-ci doit s’accompagner d’une liste électorale toilettée. Car dans tous les pays du monde, le droit de vote est réservé aux citoyens, dépositaires de la souveraineté nationale. Pourquoi en serait-il différemment en Côte d’Ivoire ?

Les chefs donnent l’exemple, c’est maintenant à chacune et chacun, militants des familles politiques engagées dans ce processus de réconciliation, citoyens amoureux de son pays, société civile désireuse d’imposer sa marque, anciens et jeunes de Côte d’Ivoire, de prendre collectivement ses responsabilités pour accompagner ce mouvement à travers une indispensable mobilisation sur le terrain. Que ce soit sur notre terre d’espérance ou dans la diaspora, chacune et chacun est désormais appelé à prendre le relai. Le moment venu, l’élection présidentielle devra se dérouler sur des bases saines et solides. Tout le monde aura la liberté de concourir sous ses couleurs. La confrontation des idées reprendra ses droits, de manière pacifique, avec cette tranquille assurance que donne la démocratie.

Par Alexia TRA-BI, La Côte d’Ivoire Lucide

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