LA PHILOSOPHIE DU VENTRE: LE NOMBRIL OU LE SYMBOLE DE LA DETTE ÉTERNELLE

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Honore ton père et ta mère si tu veux prolonger ton séjour sur la terre (Exode 20 :12). Ce quatrième commandement de Dieu sonne comme un avertissement quant à la relation mère-enfant/père-enfant, car c’est deux êtres qui, à un moment de leur existence, se sont attirés mutuellement et sont allés ensemble pour donner naissance à un enfant. Ce dernier leur est donc redevable de beaucoup, ce que les Baoulé semblent traduire par le mot côtwa qui veut dire à la fois «nombril» et «va payer» ( «va» + twa «payer»). Ce côtwa apparaît ainsi comme une ellipse de «cotwa ô calè», c’est-à-dire, «va payer ta dette».

Mais de quelle dette s’agit-il? Le cordon ombilical relie l’enfant à sa mère lorsqu’il se trouve dans le ventre de celle-ci durant les neuf mois que dure la gestation. Pendant tout ce temps, le bébé reçoit TOUT de la mère, si bien que quand il est né, il doit TOUT à cette dernière. Les difficultés endurées par la mère depuis la conception de l’enfant, le poids de la grossesse, l’amour qu’elle lui porte, voici donc la source de la dette à payer à la mère.

« DJOUROU » : LA DETTE ET LA MÉTAPHORE DE LA CORDE

Dans le ventre de sa mère, le bébé entend sa voix, ses prières et ses caresses. Tous les aliments ingérés par la maman profitent au fœtus. Les molécules alimentaires qu’elle ingurgite passent dans son sang et rejoignent le placenta. Le placenta fait le pont entre le système sanguin de la mère et celui du fœtus. Une fois « filtrées », les molécules d’aliments poursuivent leur chemin à travers le cordon ombilical pour atteindre le bébé. Le placenta est le canal de transmission entre la mère et l’enfant, via les artères du cordon ombilical. Le bébé doit donc sa survie intra-utérine au cordon ombilical, ce qui, pour le Baoulé, fait du nombril le symbole de la dette éternelle.

Quand l’enfant grandit, qu’il devient homme ou femme, il doit tourner le regard vers sa mère, penser à tout ce qu’elle a traversé pour faire de lui ce qu’il est aujourd’hui. Il doit réaliser tout l’amour qu’elle a donné et continue de donner. L’enfant est une partie de sa mère, la chair de sa chair, au sens propre. Ce n’est pas pour rien que l’adage populaire dit que le père et la mère sont les dieux de l’enfant sur terre. Souvenons-nous donc que le respect, l’obéissance à la mère et au père sont des choses qui ne se négocient pas.

Par Dr. YAPI Michel

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