LA PHILOSOPHIE DU DOS

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La philosophie du dos est une philosophie, non seulement essentielle, mais aussi complexe. Essentielle parce qu’elle est une philosophie du corps humain ; complexe car elle est difficile à analyser.

En effet, la philosophie du dos s’inscrit dans le cadre de la métaphysique du pouvoir. Pourquoi ce cadre ? Parce que le <dos> est un élément essentiel de l’existence humaine. Ainsi, il représente un pouvoir. Il a une puissance. Sans lui, personne ne saurait exister. Le dos permet à l’homme de rester debout ; il lui permet de rester en équilibre, il donne sens à l’existence humaine. Par ailleurs, le dos est l’une des caractéristiques essentielles du corps humain. Or, avec Merleau-Ponty, le corps est envisagé comme centre existentiel et manière d’être-au-monde. ( Cf: Sens et non-sens, Nagel, p.143). Par conséquent, la philosophie du dos se présente comme une philosophie qui cherche à redécouvrir l’existence de l’homme, c’est-à-dire ce qui ferait l’essence même de l’homme, et à s’interroger sur elle. Le dos est sacré.

Selon le chroniqueur Thibaut de Saint-Maurice de France Inter, notre dos nous structure. Il nous permet, avec sa colonne vertébrale, de nous tenir debout. Et pourtant notre dos nous échappe. Quoiqu’on fasse, on ne peut pas voir immédiatement son dos. On ne peut pas non plus le toucher entièrement d’une seule main. Le dos, continue-t-il, est un mystère. S’appuyant sur le philosophe Merleau-Ponty qui parle du dos comme d’une transcendance du corps propre, T. de Saint-Maurice montre comment mon dos m’échappe parce qu’il échappe en même temps à ma perception.

Le dos indique que nous ne pouvons pas nous suffire à nous-mêmes. Car d’une certaine manière, nous ne pouvons faire le tour de nous-mêmes, mais autrui le peut. Autrui peut faire le tour de mon dos, sans un miroir, en parler, le caresser, le masser quand j’ai mal, me donner une tape dans le dos pour exprimer son amitié. Tous ces gestes d’autrui participent à achever la perception que j’ai de moi-même. En quelque sorte, j’ai besoin de la caresse ou du regard d’autrui pour avoir une perception complète de moi. Cette transcendance du dos signe mon besoin d’autrui. La philosophie du dos affirme ainsi notre incomplétude: nous ne nous suffisons pas nous-mêmes.

Pour terminer, j’ai dit philosophie du dos, que notre entendement de voyeur ne traduise pas: philosophie des fesses. Où on montre que la philosophie peut sérieusement parler du dos, comme du kpêtou ou des testicules.

Par BOA Thiémélé Ramsès, Professeur des Universités

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