LA PHILOSOPHIE DU DOS: LE DOS DE LA FEMME IMAME

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Verra-t-on un jour le dos d’une femme Imam ? Peut-être non: l’imamat de la femme dirigeant des hommes n’est pas permis. C’est haram. Pourquoi ? Première réponse invariable: l’imam se plaçant obligatoirement devant les fidèles et leur tournant le dos, les postures de la prière musulmane telles que la prosternation, rendent totalement impensable une femme faisant la prière devant un homme.

On nous objectera que l’islam a, au contraire libéré la femme de la servitude traditionnelle. Et que c’est la respecter que de lui interdire d’orienter les fidèles. Objection pas tout à fait juste, répond l’Algérien Rachid Aous.

Selon lui, aucune source historique fiable ne confirme l’idée d’un islam vecteur de la libération de la femme. C’est un produit idéologique de l’apologétique islamique. Malgré quelques avancées notables, il n’a pas été mis fin à l’infériorisation sociale ni à l’inégalité juridique des femmes en Terres d’islam. Mais les choses avancent.

LA PHILOSOPHIE DU DOS: LE DOS DU PRÊTRE OU DE L’IMAM

En effet, en septembre 2019, contre toute attente et bravant les interdits, dans une salle louée à Paris dont l’adresse a été tenue secrète pour des questions de sécurité, une femme, l’imame, Anne-Sophie Monsinay a dirigé une prière. Son dos a été visible pour de nombreux fidèles. Cet islam progressiste où la femme peut diriger la prière est fondé sur quatre grands principes. 1/ l’égalité entre les femmes et les hommes. 2/ la liberté de porter ou non le voile. 3/ l’inclusivité : aucune discrimination en raison de l’orientation sexuelle, du genre, de l’origine ou de la religion d’un individu n’est tolérée. 4/ la francophonie : tous les sermons sont prononcés en français et toute formule arabe est systématiquement traduite pour garantir la compréhension du discours.

Il faut saluer la témérité de ces femmes. Cet islam progressiste a dû batailler contre la misogynie de la société patriarcale occidentale marquée par la masculinisation des fonctions sacrées. Ainsi, l’exclusion des femmes du sacerdoce cache-t-elle une misogynie qui s’étend à tous les secteurs de la vie sociale, comme par exemple le refus de la franc-maçonnerie de lui transmettre la lumière. C’est un problème de civilisation. Au total, le problème de l’exclusion des femmes de tout ministère consacré est entièrement homogène à l’image traditionnelle de la femme. (Cf. Jean-Marie Aubert, ‘’Le femme : antiféminisme et christianisme’’, Cerf, Paris, 1975, p. 157)

Par BOA Thiémélé Ramsès, Professeur des Universités

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