LA PHILOSOPHIE DU DOS: L’APAISANTE LUMIÈRE SUR LE DOS DE JÉSUS

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Salvador Dali, qui n’a aucun lien de parenté avec Bohui Dali le philosophe-poète ivoirien, a peint, en 1951, un tableau d’une grande intensité: «Le Christ de saint Jean de la Croix». Il reprend une tradition de figuration de Jésus crucifié commencée à partir de l’an 430.

Le tableau montre un crucifié aux cheveux courts, pris en perspective plongeante et vu d’au-dessus de la tête. La tête qui regarde vers le bas n’est pas le point central de l’œuvre; c’est plutôt le dos qui se détache légèrement de la croix. Selon Wikipédia, la partie inférieure du tableau représente un paysage impassible, formé par une baie. Entre le Crucifié et la baie s’intercalent des nuages illuminés par la clarté qui émane du corps. Le clair-obscur rehausse la figure de Jésus et provoque un effet dramatique. Un pêcheur est vu de dos.

Le Christ est représenté de façon humaine et simple au contraire des tableaux classiques d’un Crucifié sanguinolent. Les muscles du dos sont protubérants. Font saillie le muscle trapèze, le muscle petit rond, le muscle infra-épineux et le muscle grand rond. Cette protubérance musculaire dorsale accentue la contemplation du supplice de Jésus et célèbre l’amour de la souffrance rédemptrice. Pour le chrétien, cette croix en érection symbolise le sacrifice intégral de soi. Mais, derrière la mort, se profilent la résurrection et le salut. Enfin, la croix semble flotter, comme happée par la Lumière qui inonde le dos du crucifié.

Deux rêves seront nécessaires à Dali pour capter la beauté métaphysique du Christ-Dieu. «Mon ambition esthétique dans ce tableau, dit-il, était contraire à tous les Christ peints par la majorité des peintres modernes, qui l’interprétèrent dans un sens expressionniste et contorsionniste, provoquant une émotion par le biais de la laideur. Ma principale préoccupation était de peindre un Christ beau comme le Dieu même qu’il incarne.»

Ce faisant, la jubilation martyrologique qui en résulte ne tient pas comptes des pleurs. C’est pourquoi, dans «Joseph», le musicien Georges Moustaki chante la détresse maternelle:

« … Pourquoi a-t-il fallu Joseph
Que ton enfant
Cet innocent
Ait eu ces étranges idées
Qui ont tant fait
Pleurer Marie. » (G. Moustaki)

Mais a-t-on idée des pleurs de Marie-Madeleine l’amour caché? D’ailleurs, certains théologiens soutiennent que Jésus lui avait cassé le kpêtou.

Par BOA Thiémélé Ramsès, Professeur des Universités

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