LA MONNAIE EXACTE, S’IL VOUS PLAÎT! (1ère Partie)

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L’une des gangrènes de notre société actuelle est liée à la monnaie qu’on exige du client dans toutes les surfaces commerciales: gbaka, taxis compteurs et taxis communaux appelés wôrô-wôrô, compagnies de transport, marchés, pharmacies, bus, etc. Comment peut-on exiger d’un client qui attend le bus depuis près de 2 heures qu’il paie son ticket avec la monnaie exacte sous peine de se voir refuser l’accès au bus ? comment peut-on exiger du client qui fait ses achats dans un supermarché qu’il donne la monnaie exacte ? Comment expliquer que pour un achat de 400 F CFA, on refuse de te donner la monnaie de 500 F CFA ?  Voici autant d’anomalies qu’il convient de corriger si nous voulons mettre un frein aux frustrations des clients, atteindre l’excellence dans les relations humaines et promouvoir une paix durable entre citoyens.

En Côte d’Ivoire, malheureusement, les choses ont pris une tournure tellement radicale dans le mauvais sens qu’il est difficile de revenir aux fondamentaux d’une société autrefois rattachée des valeurs. J’ai vu à Valladolid et à Santander, en Espagne, des machines donner la monnaie exacte quand on fait les achats ; nulle part dans une surface où nous avons fait des achats, bus, supermarchés, magasins, restaurants, etc, je n’ai vu ou entendu un commerçant ou une caissière dire à un client : « Je n’ai pas de monnaie. « Je te dois x francs ou y francs ou alors, je te donne des bonbons » ou même te donner ton reçu sans aucune explication, et garder ta monnaie alors qu’il est conscient que ta monnaie est restée avec lui. Si cela ne s’apparente pas à la mendicité, je pourrais affirmer que c’est une escroquerie, voire un vol ; et ça rapporte gros à ces voleurs d’une autre race en fin de journée.

Le déclin moral de notre pays se manifeste aussi à travers ce phénomène. Dans le passé, il est apparu un groupe d’individus devant la Bceao à Abidjan avec d’importantes sommes et proposer la monnaie ou échanger des anciens billets contre de nouveaux en exigeant en retour 10% du total de la valeur échangée. Cette façon de s’enrichir, que je considère comme une déviation sociale, devrait être combattue par l’État depuis le début, ce qui ne fut pas le cas, malheureusement. Dans le cours de l’histoire, il est apparu un autre groupe qui vend la monnaie en exigeant toujours les 10% de la somme totale et, au fur et à mesure, la dérive s’est installée, l’appétit venant en mangeant. À Adjamé et à toutes les gares de wôrô-wôrô et gbaka, on voit des vendeuses de lotus faire la monnaie de 5.000 F pour un achat de deux lotus de 100 F ou de 10.000 F pour 3 ou 4 lotus de 100 F achetés, une manière douce d’écouler sa marchandise en faisant du manque de monnaies un fonds de commerce.

La réalité des faits qui se dégage, c’est qu’il a fini par s’installer un réseau de trafic de monnaies qui a étendu ses ramifications dans tout le système commercial et d’échange financier. Qu’en est-il exactement ?

Suite: LA MONNAIE EXACTE, S’IL VOUS PLAÎT! (2ème Partie et Fin)

Par Dr. YAPI Michel

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