LA JEUNESSE DE BOCANDA: DE L’INSTRUMENTALISATION À L’ABÊTISSEMENT (1ère Partie)

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Un constat fait depuis les associations de villages, laisse apparaître une fracture au sein de certaines localités. Cette fracture est elle-même la conséquence de la culture du Moi: beaucoup de parvenus qui s’attribuent à tort le titre de cadres, ont trouvé depuis longtemps le terrain fertile pour cultiver un certain mythe autour d’eux en cherchant à s’imposer par des méthodes peu catholiques.

Depuis petit, j’ai vu des groupuscules se faire peur, parce qu’ils ont eu cette grâce de vivre en ville, chose devenue un motif d’expression sociale dans un m’as-tu vu qui frise le ridicule. Ces petits messieurs et ces petites dames, dont l’apparence laisse dévoiler un certain complexe, ont formé de petits groupes pour se faire voir à l’occasion des funérailles, des fêtes et des réunions.

Ils détiennent l’absolue vérité, sont irréprochables à tous points de vue et entretiennent avec des miettes, des jeunes désœuvrés qui n’ont pas eu la chance de poursuivre leurs études et qui sont, pour certains, restés dans nos villages ou partis en ville pour d’autres. Ces jeunes, acquis à leur cause, accomplissent parfois des actes peu catholiques, à l’image de leurs mandants.

On a vu de petits dieux s’imposer parce qu’ils ont un peu, comme on le dit en ivoirien. Mais comme toujours, l’histoire ne les a jamais enseignés, car la chaîne entretenue depuis des lustres, n’a pas été brisée: il est plus facile de faire le mal que le bien. Pourtant, beaucoup ont terminé leur course dans la pauvreté, la misère, la mendicité et dans l’aigreur. Ces jeunes abêtis dans leur majorité, incapables de retrouver la sagesse et la lucidité, prennent des positions parfois radicales. Ce comportement doit-il être celui du Baoulé dont la sagesse millénaire a imposé le respect au-delà des frontières de son royaume?

LA JEUNESSE AFRICAINE, UNE JEUNESSE QUI…

Depuis le multipartisme, la fracture autrefois limitée à l’aisance financière, s’est transposée sur le terrain politique à telle enseigne qu’aujourd’hui, dans nos villages, nos villes, le comportement animal s’est installé profondément pour devenir une règle de conduite sociale presque admise par tous: c’est l’homme politique du moment qu’on adule. J’en connais une qui disait, et je cite: « Quand mon grand-frère régnait ici-là, qui pouvait ouvrir la bouche ». C’est le silence des parents qui laisse prospérer ce type de comportement; et le mal est profond, la plaie béante.

Depuis déjà quelques décennies, nous assistons à la montée en puissance des injures sur la toile, l’avènement des réseaux sociaux donnant l’impression à tous d’être puissants depuis un smartphone ou un ordinateur. Notre jeunesse, celle de Bocanda, est instrumentalisée par les hommes politiques: on critique en mal même les actions positives d’une personne parce qu’on n’est pas de son bord. On peut insulter quelqu’un simplement parce que son mentor est opposé à lui. Mais où se trouve l’éducation dans tout ça?

Par de petits calculs de positionnement, ces politiques ont réussi à diviser, comme toujours, une partie de la jeunesse qui n’arrive pas à joindre les deux bouts, ne cherche pas à avancer car le boss est là, et il va trouver une solution aux problèmes de ses « bons petits » le moment venu, un moment qui n’arrive d’ailleurs jamais. Au détour, quelques petits billets de banque et des dons qui ne sortent pas souvent de leur poche, mais de celles du contribuable car liés aux petits privilèges éphémères qu’offre le poste politique auquel on s’accroche par tous les moyens. L’adage japonais ne dit-il pas qu’au lieu de donner du poisson à un individu, il faut lui apprendre à pêcher?

À suivre…

Par Dr. YAPI Michel

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