LA CÔTE D’IVOIRE DE DEMAIN

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Beaucoup ne s’en rendent pas compte. Mais la gouvernance de la Côte d’Ivoire de demain a commencé. Il y a trois ans, j’avais lancé un appel aux jeunes leaders, afin qu’ils descendent sur le terrain, dans leur village, dans leur sous-préfecture, dans leur ville d’origine afin de se mettre au service de leurs parents, pour leur apprendre une nouvelle façon d’appréhender les problèmes du pays, une nouvelle façon de voter, une nouvelle façon de voir les hommes politiques. On aime Bédié, on aime Gbagbo, on aime Ouattara, mais dans six ans au maximum, ils ne seront plus actifs dans le jeu politique ivoirien. Qu’on le veuille ou pas, au bout de cette période, ils ne pourront plus décider pour la Côte d’Ivoire et ses enfants. Alors, qui sont ceux qui dirigeront ce pays, à compter de 2025? D’où viennent-ils, quelles valeurs républicaines portent-ils, quel est leur mérite à vouloir nous diriger…?

C’est une bonne chose de faire des publications sur Facebook, de dénoncer des choses sur Facebook, mais cela n’est pas suffisant pour transformer notre société et mettre nos parents au cœur des préoccupations de nos dirigeants au sommet de l’État. Il nous faut descendre sur le terrain, nous engager activement sur le terrain, prendre notre destin en mains, apprendre à gouverner. Pendant huit ans, avec le journal l’Éléphant Déchaîné, j’ai, au péril de ma vie, dénoncé, fait les plus grandes révélations, mais les effets de ces dénonciations, juste le temps d’une émotion pendant la lecture, se sont estompés. Et rien n’a suivi après. Et puis, devant ce constat et au cours d’une formation sur le leadership, en Suisse en 2016, j’ai décidé de descendre sur le terrain, dans ma ville natale, Tiassalé.  Pour récupérer l’outil d’expression politique qu’est le poste de député, afin d’aller crier ma colère, au nom de la population de Tiassalé, au gouvernement de Côte d’Ivoire.

LES MAIRES QUI FONT AUJOURD’HUI LA CÔTE D’IVOIRE DE DEMAIN (5ème Partie)

J’ai donc présenté ma candidature à l’élection législative de 2016, j’ai affronté les appareils politiques et j’ai été classé 2e sur 7 candidats, avec seulement 16 voix de différence entre le vainqueur et moi. Je n’avais pas les moyens financiers que les autres avaient déployés sur le terrain, j’avais juste pour moi, mes convictions, une stratégie et une équipe de jeunes bénévoles avec lesquels nous avons fait du porte à porte, sillonné les villages et campements, parfois à pieds, parfois à vélo, parfois à moto. Mais cet échec a été pour moi et mes camarades, le carburant qui a alimenté notre engagement sur le terrain que nous n’avons plus quitté. Aux élections municipales d’octobre 2018, j’ai présenté de nouveau ma candidature. Mes camarades et moi, en tant que candidat indépendant, nous avons affronté les appareils politiques dont l’un des candidats a eu le soutien, sur le terrain, de trois ministres de la république, mais nous les avons vaincus et…largement.

Aujourd’hui, nous avons l’outil de décision et de développement de notre ville, en mains. Et nous savons ce que nous avons à faire, pendant cinq ans. Nous sommes en train de prouver aux populations de Tiassalé que la politique n’a pour seul objectif que d’améliorer les conditions de vie des gens, qu’en utilisant intelligemment les maigres ressources disponibles, en ayant du courage, on peut faire évoluer positivement les choses. Que les appareils politiques ne sont pas forcément les mieux outillés pour apporter le changement…bien au contraire.

Chers jeunes leaders de Côte d’Ivoire, la chance se définit comme la jonction entre la préparation et les opportunités. Préparons-nous, allons dans nos villages, allons dans nos sous-préfectures, faisons preuve d’intelligence, engageons-nous. En 2020, se tiendra l’élection présidentielle. Juste après, se tiendront les législatives. Partout, engageons-nous dans ces élections législatives. On ne sera sans doute pas tous élus. Mais on enverra un message. À savoir que dans la nouvelle Côte d’Ivoire, la politique ne sera plus un privilège pour quelques-uns. Et que nous allons informer nos parents, les populations à un point tel que plus personne ne pourra les manipuler pour qu’ils votent, sans le savoir, pour leur pire ennemi. Engageons-nous avec des valeurs…

Par ASSALÉ Tiémoko Antoine

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