LA CÔTE D’IVOIRE COMME LE TITANIC

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Ces jours-ci, j’ai repensé au film Titanic. Si je fais un parallèle entre notre quotidien et le plus célèbre naufrage au monde, c’est parce que nous sommes en train d’en vivre un sans nous en rendre compte. Pour le comprendre, je vous invite à analyser ensemble quatre scènes de ce film culte.

SCÈNE 1: L’INSUBMERSIBLE

Dans cette scène qui débute le flashback du personnage de Rose, on la voit arriver dans une luxueuse voiture accompagnée de sa mère Ruth et de son fiancée, Caledon.

  • [𝑅𝑜𝑠𝑒] 𝐽𝑒 𝑛𝑒 𝑣𝑜𝑖𝑠 𝑝𝑎𝑠 𝑝𝑜𝑢𝑟𝑞𝑢𝑜𝑖 𝑡𝑜𝑢𝑡 𝑐𝑒 𝑡𝑎𝑝𝑎𝑔𝑒. 𝐼𝑙 𝑛’𝑎 𝑝𝑎𝑠 𝑙’𝑎𝑖𝑟 𝑝𝑙𝑢𝑠 𝑔𝑟𝑎𝑛𝑑 𝑞𝑢𝑒 𝑙𝑒 𝑀𝑎𝑢𝑟𝑒𝑡𝑎𝑛𝑖𝑎.
  • [𝐶𝑎𝑙𝑒𝑑𝑜𝑛] 𝑉𝑜𝑢𝑠 𝑝𝑜𝑢𝑣𝑒𝑧 𝑒̂𝑡𝑟𝑒 𝑏𝑙𝑎𝑠ée 𝑝𝑎𝑟 𝑏𝑒𝑎𝑢𝑐𝑜𝑢𝑝 𝑑𝑒 𝑐ℎ𝑜𝑠𝑒𝑠, 𝑅𝑜𝑠𝑒, 𝑚𝑎𝑖𝑠 𝑝𝑎𝑠 𝑝𝑎𝑟 𝑙𝑒 𝑇𝑖𝑡𝑎𝑛𝑖𝑐. 𝐼𝑙 𝑒𝑠𝑡 30 𝑚è𝑡𝑟𝑒𝑠 𝑝𝑙𝑢𝑠 𝑙𝑜𝑛𝑔 𝑞𝑢𝑒 𝑙𝑒 𝑀𝑎𝑢𝑟𝑒𝑡𝑎𝑛𝑖𝑎 𝑒𝑡 𝑏𝑒𝑎𝑢𝑐𝑜𝑢𝑝 𝑝𝑙𝑢𝑠 𝑙𝑢𝑥𝑢𝑒𝑢𝑥. 𝑉𝑜𝑡𝑟𝑒 𝑓𝑖𝑙𝑙𝑒 𝑒𝑠𝑡 𝑏𝑖𝑒𝑛 𝑡𝑟𝑜𝑝 𝑑𝑖𝑓𝑓𝑖𝑐𝑖𝑙𝑒 𝑎̀ 𝑖𝑚𝑝𝑟𝑒𝑠𝑠𝑖𝑜𝑛𝑛𝑒𝑟, 𝑅𝑢𝑡ℎ.
  • [𝑅𝑢𝑡ℎ] 𝐴𝑙𝑜𝑟𝑠, 𝑣𝑜𝑖𝑙à 𝑑𝑜𝑛𝑐 𝑙𝑒 𝑝𝑎𝑞𝑢𝑒𝑏𝑜𝑡 𝑞𝑢𝑒 𝑙’𝑜𝑛 𝑑𝑖𝑡 𝑖𝑛𝑠𝑢𝑏𝑚𝑒𝑟𝑠𝑖𝑏𝑙𝑒?
  • [𝐶𝑎𝑙𝑒𝑑𝑜𝑛] 𝐼𝑙 𝑒𝑠𝑡 𝑖𝑛𝑠𝑢𝑏𝑚𝑒𝑟𝑠𝑖𝑏𝑙𝑒. 𝐷𝑖𝑒𝑢 𝑙𝑢𝑖-𝑚𝑒̂𝑚𝑒 𝑛𝑒 𝑝𝑜𝑢𝑟𝑟𝑎𝑖𝑡 𝑝𝑎𝑠 𝑐𝑜𝑢𝑙𝑒𝑟 𝑐𝑒 𝑝𝑎𝑞𝑢𝑒𝑏𝑜𝑡.

« Insubmersible », cela sonne comme « inattaquable », ce qualificatif que les supporters du régime d’Alassane Ouattara utilisent pour défendre son bilan. Comme Caledon, les partisans du RHDP ne comprennent pas que certains Ivoiriens à l’esprit critique, représentés ici par Rose, soient si difficiles à impressionner. Après avoir bitumé des kilomètres de routes, construit des ponts, des échangeurs, des milliers de salles de classe et des stades, ils ne comprennent pas qu’ils subsistent encore des réticences et des résistances. Finalement, comme avec le Titanic que Dieu finit par couler, des évènements naturels imprévus commencent à démontrer que le bilan n’est pas vraiment « inattaquable ».

SCÈNE 2: LES GROS TITRES

Dans cette scène, Mr Ismay, PDG de la White Star Line, entreprise propriétaire et exploitante du Titanic, discute avec le capitaine du bateau, le commandant Smith.

  • [𝐼𝑠𝑚𝑎𝑦] 𝑄𝑢𝑎𝑡𝑟𝑒 𝑑𝑒𝑠 𝑐ℎ𝑎𝑢𝑑𝑖è𝑟𝑒𝑠 𝑛𝑒 𝑠𝑜𝑛𝑡 𝑡𝑜𝑢𝑗𝑜𝑢𝑟𝑠 𝑝𝑎𝑠 𝑎𝑙𝑙𝑢𝑚ée𝑠.
  • [𝑆𝑚𝑖𝑡ℎ] 𝑁𝑜𝑛. 𝐽𝑒 𝑛’𝑒𝑛 𝑣𝑜𝑖𝑠 𝑝𝑎𝑠 𝑙𝑒 𝑏𝑒𝑠𝑜𝑖𝑛. 𝑁𝑜𝑢𝑠 𝑓𝑎𝑖𝑠𝑜𝑛𝑠 𝑢𝑛𝑒 𝑚𝑜𝑦𝑒𝑛𝑛𝑒 𝑡𝑟è𝑠 ℎ𝑜𝑛𝑜𝑟𝑎𝑏𝑙𝑒.
  • [𝐼𝑠𝑚𝑎𝑦] 𝑂𝑢𝑖, 𝑏𝑖𝑒𝑛 𝑠𝑢̂𝑟. 𝐿𝑎 𝑝𝑟𝑒𝑠𝑠𝑒 𝑐𝑜𝑛𝑛𝑎𝑖̂𝑡 𝑙𝑎 𝑡𝑎𝑖𝑙𝑙𝑒 𝑑𝑢 𝑇𝑖𝑡𝑎𝑛𝑖𝑐. 𝑀𝑎𝑖𝑛𝑡𝑒𝑛𝑎𝑛𝑡 𝑗𝑒 𝑣𝑒𝑢𝑥 𝑞𝑢’𝑒𝑙𝑙𝑒 𝑠𝑜𝑖𝑡 𝑒́𝑚𝑒𝑟𝑣𝑒𝑖𝑙𝑙é𝑒 𝑝𝑎𝑟 𝑠𝑎 𝑣𝑖𝑡𝑒𝑠𝑠𝑒. 𝑁𝑜𝑢𝑠 𝑑𝑒𝑣𝑜𝑛𝑠 𝑙𝑢𝑖 𝑜𝑓𝑓𝑟𝑖𝑟 𝑑𝑢 𝑛𝑜𝑢𝑣𝑒𝑎𝑢 à 𝑝𝑢𝑏𝑙𝑖𝑒𝑟. 𝐿𝑒 𝑣𝑜𝑦𝑎𝑔𝑒 𝑖𝑛𝑎𝑢𝑔𝑢𝑟𝑎𝑙 𝑑𝑢 𝑇𝑖𝑡𝑎𝑛𝑖𝑐 𝑑𝑜𝑖𝑡 𝑓𝑎𝑖𝑟𝑒 𝑙𝑒𝑠 𝑔𝑟𝑜𝑠 𝑡𝑖𝑡𝑟𝑒𝑠.
  • [𝑆𝑚𝑖𝑡ℎ] 𝑀𝑟 𝐼𝑠𝑚𝑎𝑦, 𝑗𝑒 𝑝𝑟𝑒́𝑓è𝑟𝑒𝑟𝑎𝑖𝑠 𝑛𝑒 𝑝𝑎𝑠 𝑝𝑜𝑢𝑠𝑠𝑒𝑟 𝑙𝑒𝑠 𝑚𝑜𝑡𝑒𝑢𝑟𝑠 𝑡𝑎𝑛𝑡 𝑞𝑢’𝑖𝑙𝑠 𝑛𝑒 𝑠𝑜𝑛𝑡 𝑝𝑎𝑠 𝑟𝑜𝑑é𝑠.
  • [𝐼𝑠𝑚𝑎𝑦] 𝐵𝑖𝑒𝑛 𝑠𝑢̂𝑟, 𝑗𝑒 𝑛𝑒 𝑠𝑢𝑖𝑠 𝑞𝑢’𝑢𝑛 𝑝𝑎𝑠𝑠𝑎𝑔𝑒𝑟. 𝐽𝑒 𝑙𝑎𝑖𝑠𝑠𝑒 à 𝑣𝑜𝑠 𝑏𝑜𝑛𝑠 𝑜𝑓𝑓𝑖𝑐𝑒𝑠 𝑙𝑒 𝑠𝑜𝑖𝑛 𝑑𝑒 𝑑é𝑐𝑖𝑑𝑒𝑟 𝑐𝑒 𝑞𝑢𝑖 𝑒𝑠𝑡 𝑚𝑖𝑒𝑢𝑥… 𝑚𝑎𝑖𝑠 𝑞𝑢𝑒𝑙𝑙𝑒 𝑔𝑙𝑜𝑟𝑖𝑒𝑢𝑠𝑒 𝑓𝑖𝑛 𝑑𝑒 𝑐𝑎𝑟𝑟𝑖è𝑟𝑒 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑣𝑜𝑢𝑠 𝑞𝑢𝑒 𝑐𝑒 𝑣𝑜𝑦𝑎𝑔𝑒 𝑠𝑖 𝑛𝑜𝑢𝑠 𝑎𝑟𝑟𝑖𝑣𝑖𝑜𝑛𝑠 à 𝑁𝑒𝑤 𝑌𝑜𝑟𝑘 𝑚𝑎𝑟𝑑𝑖 𝑠𝑜𝑖𝑟 à 𝑙𝑎 𝑠𝑢𝑟𝑝𝑟𝑖𝑠𝑒 𝑔é𝑛é𝑟𝑎𝑙𝑒. 𝑂𝑛 𝑓𝑒𝑟𝑎𝑖𝑡 𝑙𝑎 𝑢𝑛𝑒 𝑑𝑒𝑠 𝑗𝑜𝑢𝑟𝑛𝑎𝑢𝑥 𝑑𝑢 𝑚𝑎𝑡𝑖𝑛. 𝐹𝑖𝑛𝑖𝑟 𝑠𝑢𝑟 𝑢𝑛 𝑒𝑥𝑝𝑙𝑜𝑖𝑡 𝑚𝑜𝑛 𝑐ℎ𝑒𝑟 𝐸𝑑𝑤𝑎𝑟𝑑.

Au mépris de tout principe de prudence, le commandant Smith lancera à toute vapeur son paquebot, malgré les signalements d’icebergs… juste pour faire les gros titres. De la même manière, le gouvernement ivoirien, au mépris de nombreux sujets prioritaires pour les populations, misent des centaines de milliards empruntés dans des constructions somptuaires et élaborent de savants montages comptables. Une seule chose l’intéresse: soigner ses chiffres macro-économiques pour plaire à la communauté financière et politique internationale.

SCÈNE 3: LE CULTE DU FUTILE

Cette scène est courte mais révèle un élément fondamental dans l’issue du naufrage. Rose, sa mère Ruth et son fiancée Caledon visitent le paquebot en compagnie de Mr Andrews, l’architecte et concepteur du bateau.

  • [𝑅𝑜𝑠𝑒] 𝑀𝑟 𝐴𝑛𝑑𝑟𝑒𝑤𝑠, 𝑝𝑎𝑟𝑑𝑜𝑛𝑛𝑒𝑧-𝑚𝑜𝑖. 𝐽’𝑎𝑖 𝑓𝑎𝑖𝑡 𝑙𝑒 𝑐𝑎𝑙𝑐𝑢𝑙 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝑚𝑎 𝑡𝑒̂𝑡𝑒. 𝐸𝑡 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑙𝑒 𝑛𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑐𝑎𝑛𝑜𝑡𝑠 𝑑𝑒 𝑠𝑎𝑢𝑣𝑒𝑡𝑎𝑔𝑒, 𝑚𝑢𝑙𝑡𝑖𝑝𝑙𝑖é 𝑝𝑎𝑟 𝑙𝑎 𝑐𝑎𝑝𝑎𝑐𝑖𝑡é 𝑞𝑢𝑒 𝑣𝑜𝑢𝑠 𝑎𝑣𝑒𝑧 𝑚𝑒𝑛𝑡𝑖𝑜𝑛𝑛é𝑒… 𝑃𝑎𝑟𝑑𝑜𝑛𝑛𝑒𝑧-𝑚𝑜𝑖 𝑚𝑎𝑖𝑠… 𝑖𝑙 𝑠𝑒𝑚𝑏𝑙𝑒 𝑞𝑢’𝑖𝑙 𝑛’𝑦 𝑎𝑖𝑡 𝑝𝑎𝑠 𝑎𝑠𝑠𝑒𝑧 𝑑𝑒 𝑐𝑎𝑛𝑜𝑡𝑠 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑡𝑜𝑢𝑡 𝑙𝑒 𝑚𝑜𝑛𝑑𝑒.
  • [𝐴𝑛𝑑𝑟𝑒𝑤𝑠] 𝐼𝑙 𝑒𝑛 𝑚𝑎𝑛𝑞𝑢𝑒 𝑙𝑎 𝑚𝑜𝑖𝑡𝑖é. 𝑅𝑜𝑠𝑒, 𝑟𝑖𝑒𝑛 𝑛𝑒 𝑣𝑜𝑢𝑠 é𝑐ℎ𝑎𝑝𝑝𝑒, 𝑑𝑖𝑡𝑒𝑠-𝑚𝑜𝑖. 𝐸𝑛 𝑓𝑎𝑖𝑡, 𝑗’𝑎𝑖 𝑓𝑎𝑖𝑡 𝑖𝑛𝑠𝑡𝑎𝑙𝑙𝑒𝑟 𝑐𝑒 𝑛𝑜𝑢𝑣𝑒𝑎𝑢 𝑡𝑦𝑝𝑒 𝑑𝑒 𝑏𝑜𝑠𝑠𝑜𝑖𝑟 𝑞𝑢𝑖 𝑎𝑢𝑟𝑎𝑖𝑡 𝑝𝑢 𝑐𝑜𝑛𝑡𝑒𝑛𝑖𝑟 𝑢𝑛𝑒 𝑟𝑎𝑛𝑔é𝑒 𝑑𝑒 𝑏𝑎𝑡𝑒𝑎𝑢𝑥 𝑑𝑒 𝑝𝑙𝑢𝑠 à 𝑙’𝑖𝑛𝑡é𝑟𝑖𝑒𝑢𝑟 𝑑𝑒 celui-𝑐𝑖 𝑚𝑎𝑖𝑠 𝑜𝑛 𝑎 𝑝𝑒𝑛𝑠é 𝑒𝑛 ℎ𝑎𝑢𝑡 𝑙𝑖𝑒𝑢, 𝑚𝑎𝑙ℎ𝑒𝑢𝑟𝑒𝑢𝑠𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡, 𝑞𝑢𝑒 𝑙𝑒 𝑝𝑜𝑛𝑡 𝑎𝑢𝑟𝑎𝑖𝑡 𝑒𝑢 𝑙’𝑎𝑖𝑟 𝑡𝑟𝑜𝑝 𝑒𝑛𝑐𝑜𝑚𝑏𝑟é. 𝐴𝑙𝑜𝑟𝑠, 𝑜𝑛 𝑛𝑒 𝑚’𝑎 𝑝𝑎𝑠 é𝑐𝑜𝑢𝑡é.

Encore une fois, pour des considérations futiles, ceux qui dirigent mettent en danger la vie de milliers de gens. Sur le Titanic, on a limité le nombre de canots de sauvetage pour permettre une meilleur esthétique du pont et il a fallu attendre le naufrage pour se rendre compte de l’erreur. Il y avait 2200 âmes à bord et seulement 20 canots, soit 1300 places disponibles. S’il y en avait eu le double, on aurait pu sauver toutes les personnes à bord. En Côte d’Ivoire, il a fallu attendre la pandémie du Coronavirus pour se rendre compte de la fragilité de notre système sanitaire et du manque d’équipements sanitaires. Ces derniers jours, il a fallu subir des inondations record pour se rendre compte du mauvais schéma d’urbanisation. Il a fallu attendre le décès tragique de la famille Koffy pour s’inquiéter de tous les inconscients qui roulent sans permis ou sans respect du code de la route.

SCÈNE 4: UNE PETITE NÉGLIGENCE

Dans cette scène, on peut voir une courte conversation entre les officiers Murdoch et Lightoller.

  • [𝑀𝑢𝑟𝑑𝑜𝑐ℎ] 𝑉𝑜𝑢𝑠 𝑎𝑣𝑒𝑧 𝑓𝑖𝑛𝑖 𝑝𝑎𝑟 𝑙𝑒𝑠 𝑡𝑟𝑜𝑢𝑣𝑒𝑟 𝑐𝑒𝑠 𝑗𝑢𝑚𝑒𝑙𝑙𝑒𝑠 𝑑𝑒 𝑠𝑢𝑟𝑣𝑒𝑖𝑙𝑙𝑎𝑛𝑐𝑒?
  • [𝐿𝑖𝑔ℎ𝑡𝑜𝑙𝑙𝑒𝑟] 𝑁𝑜𝑛, 𝑝𝑎𝑠 𝑑𝑒𝑝𝑢𝑖𝑠 𝑆𝑜𝑢𝑡ℎ𝑎𝑚𝑝𝑡𝑜𝑛. 𝐵𝑜𝑛… 𝐽𝑒 𝑣𝑎𝑖𝑠 𝑓𝑎𝑖𝑟𝑒 𝑚𝑎 𝑟𝑜𝑛𝑑𝑒. 𝑆𝑎𝑙𝑢𝑡.

Ne pas avoir cherché plus sérieusement ces jumelles de surveillance, perdues depuis le départ du bateau, fut une petite négligence aux conséquences graves. Si elles avaient été retrouvées, elles auraient pu servir pour mieux observer l’horizon et détecter plus tôt la présence de l’iceberg. Dans l’administration ivoirienne, on néglige aussi de petites choses qui entraînent des conséquences plus graves. On a négligé la mise en œuvre d’un état-civil sérieux, on a eu droit à l’ivoirité et à une frustration des populations du nord. On a négligé les nécessaires réformes du foncier, cela a conduit à d’interminables et graves conflits fonciers dans l’ouest. On a négligé la mise en place d’un système électoral fiable, on a abouti à une violente crise post-électorale. La liste de nos négligences est encore longue et les conséquences actuelles ou futures nous guettent toujours.

En résumé, notre pays, la Côte d’Ivoire, est devenue une championne toutes catégories dans la promotion de la médiocrité, de la corruption et de la complaisance. Ces petites négligences ont entraîné l’apparition, la propagation et l’amplification de phénomènes négatifs, de graves « fuites » qui menacent grandement l’avenir de notre nation. Notre système éducatif promeut les tricheurs et les payeurs de concours. Dans la santé, les businessmen ont remplacé les médecins et les patients sont devenus des clients. Dans le transport, les syndicats ont installé la violence comme méthode de management et le permis s’obtient plus vite qu’une puce téléphonique. Dans les forces de sécurité, on prête désormais allégeance aux « puissants » plutôt qu’au peuple. Dans la politique, les « mangecrates » courtisans sont mis à l’honneur, nommés, récompensés. Le naufrage a déjà commencé mais personne ne s’inquiète tant qu’il n’a pas encore les pieds dans l’eau.

Si vous aussi vous avez repéré ces «icebergs» qui menacent la Côte d’Ivoire, allez vous inscrire sur la liste électorale pour changer le cap et éviter le naufrage. L’opération finit aujourd’hui mardi 30 Juin. Il vous reste encore moins de 24h pour vous enrôler. C’est largement suffisant… C’est exactement le temps que met Jack Bauer pour sauver les États-Unis à chaque fois.

Par Éric DOHOU

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