LA CÔTE D’IVOIRE AU SCANNER DE LA TEXTOLITTÉRATURE (0/6)

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Depuis les indépendances jusqu’à nos jours, la société ivoirienne a connu des transformations profondes. En l’absence d’une langue nationale à même de fédérer nos diversités ethniques et régionales en une marque déposée culturelle comme ailleurs dans la sous-région et sur le continent, le fait que le français soit notre principale langue véhiculaire nous a toujours rendus particulièrement vulnérables aux influences extérieures.

La porosité décuplée de notre patrimoine culturel, tout comme certains choix de politique générale opérés par les dirigeants nationaux successifs depuis 1960, ont fait de la Côte d’Ivoire une plaque tournante de l’Afrique de l’Ouest qui tourne parfois dans le mauvais sens. Sur l’état et la marche de notre société, on s’est interrogé dans les médias, la littérature, la musique, le théâtre, le cinéma, la peinture, etc.

Avec la généralisation du numérique, des réseaux sociaux et de la téléphonie mobile, une littérature cellulaire ivoirienne est née qui s’en fait aussi l’écho. C’est la textolittérature.

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La textolittérature est un ensemble hétérogène, dans la forme et le fond, composé de courts récits satiriques ou comiques, de petits poèmes amusants ou sérieux, de textes dialogués et de textes argumentatifs à vocation souvent didactique.

Ces écrits sont produits sur les téléphones portables, ces mêmes supports numériques étant utilisés pour leur mise en circulation et leur consommation. La textolittérature résulte par conséquent d’une utilisation esthétique et connotative de la langue dans un espace où elle est habituellement utilisée au premier degré de signification, c’est-à-dire, comme simple instrument de transmission d’informations.

Au nombre des milliers de littextos en circulation sur le sujet, celui que nous explorons à la faveur de cette contribution le doit à son originalité, notamment une intertextualité renvoyant aux archives de l’École ivoirienne des années 1980.

« Tu va comprendre que mariam joue plus a la balle elle fait la PIPE a son voisin. Bilé regarde plus la télé est devenu BROUTEUR. ils ont vendu la jolie moto de papa pour allé faire BOUKAN. Fatou qui jouais avec sa poupé a DEUX ENFANTS de père different. Le bouché qui etais blaissé au nez est devenu FRCI. Papa qui mangeais du FOUTOU mange maintenant chez HASAN. Le canarie d’Akissi est devenu canarie de ZAMOU « bonne jrné a toi »»

À travers une confrontation à la fois amusante et saisissante du passé et du présent, l’auteur anonyme profile la dépravation des mœurs en pointant du clavier une nouvelle culture du sexe, l’émergence d’une génération couper-décaler et le raccourci des armes dans le combat de la jeunesse pour son insertion sociale, le tout dans un environnement social grisé par l’éclatement de la famille, la paupérisation des masses et la démission « courageuse » des parents.

Suite: LA CÔTE D’IVOIRE AU SCANNER DE LA TEXTOLITTÉRATURE (1/6)

Par Dr. DJANDUE Bi Drombé

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