LA CONCEPTION BAOULÉ DU TEMPS (2ème Partie et Fin)

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Chez les Baoulé, l’année comporte aussi douze mois. Mais comment les désignent-ils? C’est à cette question que répond cette deuxième et dernière partie de notre contribution sur la conception baoulé du temps pour Attoungblan.net. Les douze mois de l’année se disent ainsi en langue baoulé de Côte d’Ivoire :

BAOULÉ FRANÇAIS
1 ᾶgbo  (Angbo) Janvier
2 Juakle (Yuaklé) Février
3 N’glo (Nglo) Mars
4 Kofie (Kofié) Avril
5 Jese (Djessé) Mai
6 Klᾶnᾶ ndɛya (Klannan ndèya) Juin
7 Mugu (Mougou) Juillet
8 Afoliɛ (Affoliè) Août
9 Anuᾶyia (Anouanyia) Septembre
10 Fɛlɛ (Fèlè) Octobre
11 Sekewua (Sékéyua) Novembre
12 Kͻnguɛ nzue (Ko’nguè nzué) Décembre

Ce calendrier fait référence, par la dénomination des mois, au phénomène climatique, à l’activité culturale ou à l’événement culturel correspondant à telle ou telle autre période de l’année.

Ainsi, par exemple, pour le deuxième mois de l’année, « Juakle » signifie « soleil au zénith ». Ce qui correspond à la longue saison sèche qui part de mi-novembre à mi-mars de l’année suivante. On est passé en effet par le mois de février.

 « N’glo » désigne le « champignon ». Le mois de mars marque la fin de la saison sèche et le début de la saison pluvieuse. C’est à cette période que poussent les champignons en pays baoulé.

Le quatrième mois de l’année, « Kofie », qui signifie « butte », désigne donc la période propice à la culture de l’igname, aliment de prédilection chez les Baoulé, aliment sacré dans la culture akan.

Le cinquième mois, « Jese », signifie « coton ». C’est à cette période que l’on cultive le coton qui servira à tisser les pagnes. On connaît bien le pagne baoulé en Côte d’Ivoire.

Le mois de Septembre s’appelle « Anuᾶyia ». C’est en réalité un diminutif de « afuɛnuᾶyia », c’est-à-dire « la fin de l’année », mais de l’année culturale. Et donc la fin des travaux champêtres, activité principale des Baoulé.

Le mois suivant s’appelle « Fɛlɛ », entendez « la fatigue ». À cette période de l’année, en effet, les Baoulé ne s’adonnent généralement à aucune activité agricole. C’est le repos total. Traditionnellement, c’était la période indiquée pour dire des contes.

En substance, les Baoulé sont très attachés au temps qui rythme leur vie et leurs activités. Car le temps qui fuit et qui nous ronge nous fait et nous construit aussi. Les Baoulé y accordent tellement d’importance qu’ils portent des noms sémantiquement rattachés au temps.

 Par Charles KOHOURY

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