« KLWA », « MOH » OU « ASENNA » EN BAOULÉ : SENS ET CONTEXTES D’UTILISATION

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Comme me le disait un ami de l’ouest de la Côte d’ Ivoire : «  chez les Baoulé, quand vous entendez ‟n’dja klwa n’dja klwa oh !ˮ, c’est qu’ils vont commencer à boire ou alors ils ont  fini de le faire ». Ce fait apparemment banal constitue bien l’un des contextes d’utilisation de l’expression « klwa ».

L’expression est utilisée en baoulé à la fois pour dire « merci » et pour traduire le verbe « dominer ». Comme pour dire que  « celui qui donne, domine » ou « celui qui donne a le pouvoir ». Ne dit-on pas d’ailleurs que « La main qui demande est toujours en dessous de celle qui donne » ? Il s’en déduit naturellement que la main qui donne est au-dessus de celle qui reçoit.

Cette idée de domination, de soumission ou de dépendance est encore plus explicite quand le Baoulé dit « asenna », en ce sens que ce mot signifie « ce qui se dit couché ». Une autre façon de dire « merci ». Le don ou ce qu’on apporte à l’autre le rend tellement redevable qu’il devient faible face à son bienfaiteur. Le fait de s’abaisser ou de s’incliner pour dire le merci trouve ici tout son sens.

Quant à « moh », il veut dire aussi « merci », mais un merci dans le cadre du travail bien fait. Il tient aussi lieu de salutation quand celle-ci est adressée à une femme. On dit « moh » à quelqu’un qui travaille ou qui revient du travail, d’où l’expression « N’dja moh N’dja moh ! » dans l’émission « Nos braves paysans » de la Radio Télévision Ivoirienne (RTI), première chaîne.

Ainsi, « klwa », « moh » et « assena » veulent tous dire « merci ». Les deux premières expressions sont utilisées quand une personne reçoit un don, un cadeau ou quelque chose et la dernière dans le cadre du travail. Elle rejoint pour cela le dioula « Initché » ou « Anitché ».

Par LALÉKOU Kouakou Laurent

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