JEUX DE CACHE-CACHE AUTOUR DU CACHE-NEZ

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Dans le bal masqué qu’est devenue notre vie quotidienne avec le port obligatoire du cache-nez pour éviter de contaminer ou d’être contaminé par le Covid-19, on assiste à des jeux de cache-cache qui ne disent pas leur nom. Les vieilles habitudes ont la peau dure et, comme je l’ai déjà dit ailleurs, ce nouvel objet sanitaire imposé à nous contre une nouvelle menace planétaire est très loin d’offrir le même confort que son équivalent qu’est le préservatif.

Les jeux de cache-cache se joue à plusieurs niveaux. Le premier à avoir dégainé est l’État de Côte d’Ivoire lui-même. À tout Seigneur, tout honneur! À l’issue de la réunion extraordinaire du Conseil National de Sécurité présidée le jeudi 9 avril par le Président de la République, le port du masque a été rendu obligatoire. L’État s’est engagé dans la foulée à veiller à la disponibilité et à la gratuité des masques, à commencer par le personnel de santé et les forces de défense et de sécurité.

Vu l’ampleur du chantier, Karina Fofana (2020) s’était alors demandé si Alassane Ouattara allait pouvoir tenir sa promesse d’offrir des masques protecteurs aux 25 millions d’Ivoiriens. En outre, si ces cache-nez devaient être fabriqués sur place, personne ne semble savoir à ce jour à quelle(s) entreprise(s) le marché a été confié. « À qui le gouvernement a vraiment donné le marché de 30 millions de masques?», se demandait Roxane Ouattara d’Afik Soir le 23 avril 2020.

QUEL AVENIR POUR LE MASQUE SANITAIRE APRÈS LA PANDÉMIE DU COVID-19?

Mais une chose est certaine parce qu’on la constate sur le terrain et dans les établissements scolaires sommés d’ouvrir pour que enseignants et élèves reprennent le travail arrêté brusquement le 16 mars: ils ne sont pas nombreux les Ivoiriens ayant bénéficié des masques gratuits. Chacun se demande qui en a reçu dans son entourage, comme pour les 25 000 F CFA promis aux personnes vulnérables. Et puisque cela est difficile à vérifier à grande échelle, bonjour les faux chiffres à l’heure du bilan!

Heureusement, la confection de l’objet s’est démocratisée entre-temps et les prix ont chuté. On peut aujourd’hui se procurer un cache-nez à 100 F CFA et le réutiliser plusieurs fois. Pour ce qui est de la qualité, la prière fait le reste. Le jeu de cache-cache passe alors du sommet à la base. Avec l’obligation de porter un masque dans les véhicules, les apprentis gbaka qui criaient autrefois «montez avec la monnaie!», crient maintenant «montez avec cache-nez!» Cependant, comme pour toutes les autres mesures de sécurité, leur vigilance dépend de la proximité ou la présence des forces de l’ordre, ces derniers y ayant aussi trouvé un nouveau motif très rentable pour «contrôler les pièces».

Enfin, le jeu de cache-cache se joue aussi sur le visage des personnes, entre le nez et le cache-nez. Si bien que le cache-nez, qui est en même temps presque toujours un cache-bouche, devient tantôt cache-cou ou cache-menton, tantôt cache-front, cache-joue, cache-nuque ou cache-tête. On n’est pas loin du casse-tête. Le Coronavirus étant né en Chine, il fallait en effet s’attendre à ce que cette affaire de cache-nez devienne un vrai casse-tête chinois pour tout le monde. On dit merci qui?

Par Dr. Paul-Bathesty DROMBÉ

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