JEAN LOUIS BILLON ET SA MAÎTRISE DU SYNDROME D’HUBRIS

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520 milliards de chiffres d’affaires, répartis dans 11 filiales qui emploient plus de 30 milles personnes, les trois quart de nationalité ivoirienne. En considérant que ces 30 milles personnes sont des hommes pour la plupart, ce sont des centaines de milliers d’autres, dont des Ivoiriens, qui reçoivent indirectement un pécule de ce groupe, pour leur pain quotidien. Certaines de ces filiales sont cotées à la Bourse d’Abidjan (SAPH, PALMCI et Sucrivoire) et de Paris (SIPH).

Ce groupe, fierté nationale ivoirienne, est tout simplement l’une des plus importantes entreprises agro-industrielles d’Afrique. Cette brève présentation peut donner le tournis, si l’on y prend garde. Parmi les effets dévastateurs du pouvoir politique et financier, il est celui d’hubris qui en est l’un des plus révélateurs. Hubris est décrit par le politicien anglais David Owen comme étant le sentiment de toute puissance. L’idée qu’on se fait de soi que l’humilité n’a plus de raison d’être à partir du moment où l’on a atteint les sommets de l’échelle sociale et/ou politique.

Si David Owen évoque la notion de syndrome, cela signifie étymologiquement qu’on a affaire à une «conjonction» ou une «réunion de paramètres distincts: pouvoir politique et financier». Ce sont les éléments déclencheurs. Le cas de M. Jean Louis Billon est donc particulièrement intéressant car totalement atypique. Il est en effet, avec sa famille, au sommet de l’échelle financière en Côte d’Ivoire. De plus, au sein du PDCI, il a acquis une place prédominante, qui faisait même de lui un présidentiable sérieux. Peut-on espérer meilleur achèvement à titre personnel si l’on s’engage dans ces deux courses?

Pourtant il est de notoriété publique que cet homme, d’une grande humilité, rase les murs et est aux antipodes de tout ce qui fait les «hubris». Au-delà des clivages politiques, face à cette maîtrise de soi, qui est loin d’être évidente, il faut saluer un tel détachement. Ici, une grande force de caractère est nécessaire. Mais attention, cette attitude n’est peut-être qu’une façade ou une posture, car l’homme est politicien; mais vue que c’est ce qui transpire publiquement de sa personne comme valeurs, accordons lui le bénéfice du doute positif et, en conséquence, comment ne pas en être pour le moins admiratif?

Par Jean Christian KONAN

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