INTRODUCTION À UNE « LITTÉRATURE CELLULAIRE » IVOIRIENNE (17ème Partie)

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2. DE LA « LITTÉRATURE CELLULAIRE » : CONCEPT ET UTILITÉ SOCIALE

2.1. Du concept de « littérature cellulaire » : un bref historique

2.1.1. Une littérature numérique en miniature (3/4)

b) Du dispositif de communication mis en œuvre

– Le dispositif de l’œuvre

Une œuvre littéraire numérique constitue un dispositif de communication entre l’auteur et le lecteur. Le dispositif de l’œuvre comprend l’ensemble des composants matériels et logiciels qui interviennent dans la communication que l’œuvre instaure entre l’auteur et le lecteur ainsi que les acteurs qui y participent. L’auteur et le lecteur n’y sont pas considérés comme des machines mais comme des sujets agissant de manière réfléchie et autonome.

INTRODUCTION À UNE « LITTÉRATURE CELLULAIRE » IVOIRIENNE (16ème Partie)

Dans cette perspective anthropo-centrée où se place Bootz et nous avec lui, le téléphone portable ne peut être considéré comme l’unique ou le principal faiseur de la « littérature cellulaire ». S’il est vrai, pour prendre un exemple concret, que ce milieu informatique a favorisé, par certaines contraintes techniques, un système scriptural basé sur l’abréviation, cette étude nous a démontré qu’il dépend aussi largement de l’auteur d’adopter ce système ou de s’en tenir à l’écriture standard avec, entre les deux extrêmes, plusieurs possibilités de combinaison.

En dehors de l’exercice de son libre arbitre dans le choix scriptural, stylistique et esthétique de son œuvre, l’auteur jouit aussi dans cet espace d’écriture de la liberté que lui donne la Société démocratique quant à ses choix thématiques. Il y a enfin cette liberté que le SMS lui-même confère au lecteur par rapport à l’interactivité comme une des propriétés essentielles du médium informatique mis en œuvre, liberté interactive capable de le faire passer de simple lecteur à lect-acteur, voire à co-auteur.

– L’importance de l’écran

ECRAN

L’ordinateur dans le dispositif de lecture fait de la littérature numérique une littérature de l’écran. Parce que l’écran crée des contraintes particulières de lecture qui influencent la structuration des œuvres. Les textes à lire sur écran sont généralement formatés en blocs plus petits que ceux destinés à être lus sur papier. La disposition spatiale de la page est difficilement reproductible à l’écran, l’écran étant plus large que haut, contrairement à la page. Ces contraintes jouent sur l’organisation spatiale des informations et favorisent la formation de courts blocs de texte et de structures narratives constituées de paragraphes courts et faiblement liés entre eux.

Cela est d’autant plus réel en « littérature cellulaire » que, l’écran des téléphones mobiles étant plus réduit que celui des ordinateurs, les contraintes liées à ce composant sont encore plus grandes ici que là-bas. La taille de l’écran explique la dimension « cellulaire » de l’œuvre littéraire dans cette littérature en miniature, parce qu’elle y conditionne fortement l’espace et sa gestion par les deux sujets du dispositif de l’œuvre que sont l’auteur et le lect-acteur.

En contrepartie de cette contrainte spatio-scripturale, l’écran et tout le médium utilisé font aujourd’hui de la « littérature cellulaire » l’espace par excellence de la vulgarisation de l’écriture et de la littérature, en les installant désormais, plus encore que l’imprimerie en son temps, dans le quotidien, les mouvements, voire l’intimité des utilisateurs du portable. En devenant ainsi un outil pratique d’apprentissage et d’auto-apprentissage de l’écrit, le téléphone portable fait de la « littérature cellulaire » un moyen efficace de lutte contre l’analphabétisme, d’où son utilité didactique.

Suite: INTRODUCTION À UNE « LITTÉRATURE CELLULAIRE » IVOIRIENNE (18ème Partie)

Par Dr DJANDUÉ Bi Drombé, Version originale achevée en septembre 2013

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