INTRODUCTION À UNE « LITTÉRATURE CELLULAIRE » IVOIRIENNE (10ème Partie)

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1. DE L’ÉCRITURE SMS : PRINCIPE SOUS-JACENT ET CONSTRUCTION

1.1.3. La construction de l’écriture sms (1/4)

Nous tentons ici de décrire les procédés et techniques de construction en écriture sms en nous situant dans les conditions normales de « température et de pression », c’est-à-dire, pas spécifiquement comme cela se ferait en « littérature cellulaire », mais effectivement sous les trois contraintes majeures de temps, d’espace et de coût. D’ailleurs, il n’y a pas une façon particulière de construire le sms en « littérature cellulaire ». Ce sont les mêmes procédés et techniques que dans une conversation directe, la différence étant parfois plutôt d’ordre quantitatif que qualitatif du fait de la réduction des contraintes. Car, on l’aura remarqué, nous abordons cette question, la construction de l’écriture sms, dans le cadre global et englobant d’une littérature dite « cellulaire », dont la norme, dans notre entendement, et pour ce qui relève de la forme, n’est pas l’écriture sms ou l’écriture normative de façon exclusive, mais, on l’aura aussi constaté, le balancement permanent entre la norme et la transgression de la norme. Nous y reviendrons !

INTRODUCTION À UNE « LITTÉRATURE CELLULAIRE » IVOIRIENNE (9ème Partie)

À la lumière de tout ce qui précède ce paragraphe introductif, la construction de l’écriture sms est une opération de transgression du système d’écriture normatif par un processus de simplification allant de la modération à l’exagération.

Si nous nous référons d’abord à des travaux antérieurs, Marie-Claude Penloup (2012, pp.131-132) observait récemment trois processus dans la construction de cette écriture : un processus de simplification (abréviations, troncations par apocope, aphérèse ou suppressions de signes diacritiques ou de ponctuation, etc.) ; un processus de spécialisation donnant lieu à diverses créations de néologismes avec, par exemple, une écriture sémio-phonologique ou des emprunts ; et  un processus d’expressivité avec le recours à des émoticônes et à la répétition de signes pour traduire un niveau d’implication ou d’émotion dans le message.

Nous prenons en compte ces propositions et nous essayons de les élargir ou de les adapter afin de couvrir certaines spécificités locales de l’écriture sms, un phénomène certes universel dans son essence, mais diversement pratiqué et vécu dans son existence. Nous nous appuyons pour cela sur l’observation des textos du corpus, sur notre expérience personnelle de l’écriture sms mais aussi sur d’autres sources.

En nous inspirant donc des propositions de Penloup (2012), nous percevons qu’il y a, d’une part, des méthodes de simplification, ce qu’elle dénomme « processus » ; et, d’autre part, des techniques de simplification, ce qu’elle appelle « procédés ». D’après le Petit Larousse Illustré (2009), « méthode » désigne la « manière ordonnée de mener quelque chose » et « processus » l’ « enchaînement ordonné de faits ou de phénomènes, répondant à un certain schéma et aboutissant à un résultat déterminé » ; « procédé », tout comme « technique », renvoie au « moyen, méthode pratique pour faire quelque chose, pour obtenir un résultat ». Il s’en dégage que la méthode c’est la voie à suivre et la technique le moyen de suivre cette voie. Autrement dit, les méthodes nous indiquent par où passer et les techniques nous indiquent comment y passer.

Suite: INTRODUCTION À UNE « LITTÉRATURE CELLULAIRE » IVOIRIENNE (11ème Partie)

Par Dr DJANDUÉ Bi Drombé, Version originale achevée en septembre 2013

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