INSTANT HUMOUR: EN QUÊTE D’URINE PASCALE

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J’étais sur cette route entre Sakassou et Tiébissou, de retour de Paquinou quand je m’arrêtai un moment pour me soulager d’un besoin pressant. Cinq minutes plus tard je retrouvai de bonnes sensations pour reprendre la route quand surgirent deux jeunes hommes de taille moyenne, l’un avec une houe dans la main gauche et l’autre avec une machette dans la main droite. Ajustant mon casque je m’apprêtais à allumer ma moto quand le plus robuste me fit signe de m’arrêter.

Ils s’approchèrent et moi je mis pied à terre, prêt à mettre en pratique mes vieux cours de quanquido. Celui qui prît la parole devait être à coup sûr l’aîné. Je fus soulagé quand il me salua en baoulé. Je répondis à leurs salutations en serrant durement les fesses, prêt à donner le coup de la mort dont moi seul aie le secret. Après les civilités, Koffi (c’est le nom du robuste) prit la parole : « Monsieur, mon frère et moi venons de rencontrer un génie. Il nous promet une récolte abondante l’année prochaine si nous lui trouvons l’urine fraîche de quelqu’un qui vient de Paquinou. Et dans les civilités vous venez de Paquinou, alors aidez-nous. »

Étonné, je regardai les deux frères. Je pensai également au litre d’urine que je venais de gaspiller. Que faut-il faire ? Une idée me traversa l’esprit. Je regardai Koffi droit dans les yeux et je lui dis: « Jeune frère, je vais vous aider mais mon urine ne se renouvellera qu’à Tiébissou derrière un bon plat de foutou avec une bonne sauce gouagouassou accompagné d’un vin Valpierre No1. Aussi, très cher Koffi, tout ceci à vos frais. »

Koffi regarda son frère et son frère aussi le regarda. Un silence plat. Le génie attendait l’urine, Koffi aussi n’avait pas d’argent à l’instant pour assurer mon plat de Tiébissou. Il leva les yeux et me dit : « Mon frère, continue ton chemin on va attendre le prochain voyageur ; que Dieu vous accompagne. » Je remerciai Koffi et son frère et leur demandai de se mettre résolument au travail. Ils seront dans l’abondance mais seulement à la sueur de leur dos.

Par YAO N’goran

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