Il FAUT SAVOIR RAISON GARDER…

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L’actualité nous offre le décret du gouvernement français qui abolit le franc CFA, pour être franc, en partie seulement. Tous ceux qui pensent que cette monnaie doit disparaitre entièrement critiquent ce premier pas qu’ils estiment insuffisant. Je crois savoir que la France ne va plus frapper cette nouvelle monnaie pour les huit pays de l’Uemoa, tous ses représentants ne vont plus siéger dans les instances dirigeantes de la banque centrale des états de l’Afrique de l’ouest, les 50 % des réserves monétaires versées au trésor français ne vont plus exister, mais, la parité fixe avec l’Euro va toujours exister, garantie par la France. Ce n’est pas ce que tout le monde espérait, il faut l’avouer.

Je ne suis pas spécialiste de l’économie. Mais, si ces éléments sus-cités ne vont plus exister, il y a déjà un pas de gagné. Dans ce genre de luttes où beaucoup d’intérêts s’érigent en obstacles devant les combattants, il faut savoir mesurer l’importance de chaque gain, aussi minime soit-il. Un pas, un autre pas, encore un autre pas et tenir gagné chaque pas. (Aimé Césaire in La tragédie du roi Christophe). Les différentes souffrances et difficultés vécues nous rendent exigeants et même gourmands. Toutefois, sachons apprécier les choses et leur donner la place qui leur sied. Le tout ou rien nous a souvent causé beaucoup de pertes. Le parcours des afro-américains pour acquérir les droits civiques et politiques, jusqu’à donner un président à la grande Amérique doit nous inspirer. Le combat continue. Il faut chercher toujours de meilleures armes et un meilleur environnement politique local pour la victoire finale. Rappelez-vous l’image de Malcom X: le nègre de maison et le nègre des champs. Il existe encore beaucoup de nègres de maison dans nos rangs et souvent à des postes de décisions. Il faut réussir à réduire ces obstacles internes pour accéder à la victoire finale.

L’autre point d’actualité que je voudrais aborder, c’est l’élection présidentielle au Burundi. Les chaînes étrangères qui nous nourrissent en informations claironnent partout que c’est une parodie d’élection puisque le président sortant a déjà tout ficelé en faveur de son poulain. Cela est possible, et même vrai. Mais, de vous à moi, que font les Occidentaux de mieux là où ils interviennent pour faire régner la démocratie? Ils font tout par rapport à la préservation et la conquête des intérêts leurs. Le Burundi n’est pas un exemple de démocratie. Quel pays africain francophone l’est véritablement? Il faut laisser les peuples choisir leur destin eux-mêmes. Tous les changements qui seront le fruit de soulèvements des peuples eux-mêmes contre les dirigeants qui les oppriment, seront définitifs et irréversibles, au contraire de ces changements concoctés à l’extérieur au gré des intérêts de ceux qui le font.

Enfin, je terminerai mon propos par cette histoire de prélèvement de 20000 francs sur le Sda du mois passé. La polémique enfle et le tourbillon qu’elle engendre grandit pour agrandir le fossé qui existe déjà entre les têtes des syndicats et entre les syndicats et leurs bases. Nous avons déjà connu cette pratique par le passé, avec Boa Sapim au niveau de la Cogeeci et N’dri Michel de la Cesci. Ce n’est pas une bonne pratique, quelle qu’en soit la raison. On ne peut prendre le bien d’autrui sans son consentement, même si on estime en avoir des raisons par rapport à des actes posés en sa faveur, surtout quand on utilise des documents frauduleux pour le faire. En plus, le montant est quand même exorbitant en cette période de Covid-19. Cela n’est pas discutable. Malheureusement, notre administration financière est poreuse et d’une légèreté impensable pour des services qui gèrent des revenus des travailleurs.

Si les syndicats qui ont posé cet acte ont besoin d’argent, ce qui est tout à fait normal et légitime, ils doivent en discuter avec les syndiqués et non user de stratagèmes de ce genre. Pour le cas de la Cesci, j’ai été convoqué plusieurs fois à la police par les responsables des autres syndicats en ma qualité de responsable régional de la Cesci de Daloa à l’époque. C’est là que nous avons découvert que tous les syndicats de l’enseignement secondaire y étaient impliqués. Nous avons réussi à apaiser les militants, tant bien que mal. Malheureusement, ce que N’dri a promis faire avec cet argent n’a jamais été fait, malgré notre insistance. Cela a porté un coup à la vitalité de la Cesci, en plus des coups reçus pour les deux mois de suspension de salaires en fin d’année 2007. Peut-être que les travailleurs ne cotisent pas par mauvaise foi. Mais, il faut reconnaître aussi que ce genre d’agissements tue le syndicalisme à la longue.

Par Irié BOLIBI, Le Prince de Laboll

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