IL ÉTAIT UNE FOIS LES LETTRES À HAUT RISQUE…

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J’ai expliqué dans un article récent comment, élèves que nous étions dans les années 1990, les lettres adressées aux parents ou amis ont fortement contribué à nous former en expression écrite. Mais tant que c’était nos propres lettres, pensées et rédigées directement en français, l’exercice comportait moins de risque que lorsqu’il fallait le faire pour une personne qui vous expliquait en langue locale ce qu’elle voulait écrire à quelqu’un.

Les humoristes ivoiriens ont souvent porté sur scène ces mésaventures de l’élève de niveau moyen à qui ont fait appel pour écrire en français une lettre dictée en langue locale par son père ou sa mère, ce qui en dit long sur les risques liés à cette médiation linguistique et culturelle. Et on courait presque les mêmes risques lorsque, la réponse à la lettre arrivée, il fallait la lire et la traduire en gouro, en baoulé, guéré, abbey, etc.

Mais c’est surtout dans le premier cas que l’exercice était périlleux et la difficulté se situait à deux niveaux. D’abord, trouver pour certains mots ou expressions de nos langues les équivalents exacts en français pour le niveau de l’élève devant assurer la médiation ; et ensuite, rendre dans le code écrit ce que les parents dictaient presque toujours comme s’ils avaient le destinataire en face et qu’ils lui parlaient directement.

Quel que soit le résultat à l’arrivée et la teneur du message envoyé à la fin de l’exercice, ces lettres à haut risque avaient la grande vertu de nous faire mesurer très tôt les attentes placées en nous, de nous faire comprendre que nous n’allions pas à l’école pour rien parce que ce que nous allions y apprendre était utile à notre famille, à notre communauté. Il ne pouvait que s’en suivre une prise de conscience précoce.  

Par Dr. DJANDUÉ Bi Drombé

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