HOMMAGE AUX VÉRITABLES AUTEURS DE L’ABIDJANAISE… de René BABI (Suite 07)

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Précédemment: HOMMAGE AUX VÉRITABLES AUTEURS DE L’ABIDJANAISE… de René BABI (Suite 06)

Troisième partie : LA QUALITÉ DE LA CONTRIBUTION DE L’ABBÉ COTY A ÉTÉ UN PLUS DANS LE SUCCÈS DU DUO DÉCLARÉ GAGNANT (pp.59-72)

Chapitre III : L’abbé Pierre-Marie COTY, le vrai parolier, momentanément spolié

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a) À quelque chose malheur est bon.

Aujourd’hui, on peut dire que la qualité des harmoniques musicales de notre hymne national est l’heureuse conséquence de la double participation de l’abbé Pierre-Michel Pango à ce concours : d’abord, par personne interposée pour les raisons largement développées plus haut ; et ensuite, sa propre participation à la demande expresse du président Houphouët-Boigny. Alors, sachant que quelqu’un compétissait avec sa musique, l’abbé Pango a sorti le grand jeu pour battre cette musique sienne.

Et comme il avait en moins le souci de paroles de qualité devant accompagner sa musique (l’abbé Coty s’en chargeait), il prit son temps pour travailler, avec soin et compétence, à l’harmonisation de sa musique pour chœur à sept voix mixtes (au lieu de quatre, généralement).

Disciple de George Frédéric Haendel, ce génie germano-britannique de la musique classique aux harmonies pures, l’abbé Pango a mis tout le monde d’accord sur la qualité de son œuvre, bonifiée par l’excellence des paroles poétiques pondues par l’abbé Coty.

À ce propos, l’abbé Pierre-Marie Coty a dit que pendant la délibération du jury autour des partitions musicales des concurrents (lesquelles partitions étaient jouées par la section musique de la Gendarmerie nationale), il y eut un problème : la musique présentée par l’abbé Pango et celle du député Ékra étaient ex-aequo. Comment les départager ? Maître Usher Assouan, membre du jury, vint en faire part à l’abbé Pango, qui à son tour, informa l’abbé Coty. Alors les deux prêtres se dirent : « tant pis, gagnera celui qui l’aura mérité ».

Mais là, c’était au niveau de l’évaluation des partitions musicales, car c’est de cette façon que procédait le jury. Ensuite, ce jury passa au crible de la critique littéraire les paroles accompagnant chaque partition musicale. C’est là que le duo Pango-Coty l’emporta sur tous les autres candidats.

Ce qui fit dire à l’abbé Coty : « Ce sont mes paroles qui ont fait la différence avec les autres concurrents, car musique contre musique, la musique présentée par le député de Bonoua avait la même valeur que celle de l’abbé Pango ». Point besoin de dessin pour le faire comprendre.

Curieusement, le député Mathieu Ékra va dégringoler à la cinquième place par la faute des paroles accompagnant « sa » partition musicale. Alors comment comprendre qu’il devienne l’auteur des paroles de la partition déclarée vainqueur (musique et paroles) ?

b) Les autres candidats malheureux, par ordre de mérite, après le duo gagnant

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Voici le classement du jury ad hoc après audition et lecture des œuvres des concurrents, en juillet 1960 :

Premier : La musique de l’abbé Pango avec les paroles de l’abbé Coty (retenues)

Deuxième : La musique et les paroles de M. Pierre Saobord (non retenues)

Troisième : La musique et les paroles de M. Michel Beugré Gahi (non retenues)

Quatrième : La musique et les paroles de M. Jean-Joseph Pango (non retenues)

Cinquième : La musique de l’abbé Pango avec les paroles de M. Mathieu Ékra (non retenues)

NB : Dès cet instant, les paroles retenues par ce jury ad hoc devraient être considérées comme revêtues du sceau de l’autorité de la chose jugée, comme le disent les juristes. Mais hélas !

c) Les paroles de l’abbé Pierre-Marie Coty qui ont fait la différence :

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1- Salut, ô terre d’espérance,
Pays de l’hospitalité,
Tes enfants remplis de vaillance,
T’ont ramené la dignité.
Tes fils, chère Côte d’Ivoire,
Fiers artisans de ta grandeur,
Tous rassemblés, et pour ta gloire,
Te bâtiront dans le bonheur.

Refrain : pour ta grandeur, riche et noble patrie,
Nous marchons de l’avant
Pleins d’amour et pleins de foi.
De cœurs unis au cours de notre vie,
Nous œuvrons dans l’honneur pour le juste droit.
De cœurs unis au cours de notre vie,
À tes appels, nous serons tous présents.

2- À toi noble Côte d’Ivoire,
Ô grand pays des bonnes gens,
Nous apportons dans la victoire
L’hommage de nos cœurs ardents.
Dans l’amitié des peuples frères,
Dieu guide-nous vers l’idéal,
Soumise à la devise chère :
Union, Discipline et Travail.

3- Et que ton drapeau nous unisse,
Que ton amour nous fortifie,
Car pour toi seul nous voulons vivre,
Et pour toi combattre et mourir.
Et vous, fière et noble jeunesse,
De tous les horizons connus,
Suivez toujours cette sagesse
De nos ainés qui ne sont plus.

4- À tous nos compagnons de route,
À l’aube de ce jour tombés,
Pour que ne règne plus le doute
Mais la foi, la fraternité.
A tous nos bataillons d’élite,
Dans la tombe aujourd’hui couchés,
Ô peuple tout entier, redites :
Amour, Honneur, Fidélité.

5- À nous qu’anime l’espérance
En ton avenir lumineux,
Redonne toujours l’assurance,
De nous conduire en peuple heureux.
Et nous irons de par le monde,
Semer ton nom et tes bienfaits,
En clamant sur toutes les ondes,
Que sur ton sol règne la paix.

Suite: HOMMAGE AUX VÉRITABLES AUTEURS DE L’ABIDJANAISE… de René BABI (Suite 08)

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