HOMMAGE AUX VÉRITABLES AUTEURS DE L’ABIDJANAISE… de René BABI (Suite 04)

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Précédemment: HOMMAGE AUX VÉRITABLES AUTEURS DE L’ABIDJANAISE… de René BABI (Suite 03)

Première partie : QUI SONT LES VRAIS AUTEURS DE L’ABIDJANAISE ? (pp.27-49)

Chapitre I : Prélude à la création de l’Abidjanaise

c) Qui est l’abbé Pierre-Michel Pango ?

Né le 17 Septembre 1928, à Dabou, il est le cinquième des huit enfants de René Guillaume Pango, un originaire de Pointe-Noire (Congo-Brazza) et de Anne-Marie Béniètchi, une N’zima d’Assinie-Mafia (Côte d’Ivoire) d’ascendance princière.

Pour l’histoire, citons leur progéniture (une famille de musiciens qui est, à un degré moindre, comparable à celle de la dynastie des musiciens allemands issue de Hans Bach). Ce sont : Fabien, Théophile, Cécile, Jean-Joseph, Pierre-Michel, Paul-Antoine, Jean-Baptiste et Véronique Pango.

Issu de parents catholiques pratiquants, le jeune Pierre-Michel Pango a choisi, très tôt, la voie du sacerdoce. Les études primaires et secondaires, il les fit au petit séminaire Saint-Augustin de Bingerville (la deuxième capitale de la Côte d’Ivoire, de 1900 à 1934). Pour les études de philosophie scholastique (2 ans) et de théologie (4 ans), c’est le grand séminaire Saint-Gall de Ouidah (Dahomey) qui l’accueillit.

Musicien exceptionnellement doué, il marquera de son génie toutes les promotions de séminaristes de son temps, aussi bien à Bingerville qu’à Ouidah. Mais il avait aussi une autre corde à son arc : il excellait en sport, plus spécifiquement en football. Le centre-avant était son poste de prédilection. On dit qu’il était rapide et avait des tirs soudains, violents et précis, ce qui ne faisait pas de lui, on s’en doute, l’ami des gardiens de but.

La Côte d’Ivoire reconnaissante l’a décoré de la médaille du mérite sportif. Rarement un prêtre ivoirien (ou d’ailleurs) a été l’objet de tels égards dans un domaine non valorisé par la fonction ecclésiastique.

À titre de rappel, retenez que c’est le 6 juin 1957 que l’abbé Pierre-Michel Pango a été ordonné prêtre par Mgr Jean-Baptiste Boivin en la Cathédrale Saint Paul d’Abidjan, en même temps que son confrère l’abbé Léon Gnandouillet, de l’ethnie Alladian. Le chroniqueur de l’époque rapporte que c’était sous une pluie battante : ça n’étonne pas : la pluie accompagne toujours les événements impliquant un membre de la famille Ézohilé, une des sept grandes familles N’zima-Kôtôkô de Côte d’Ivoire dont est issu l’abbé Pango.

La messe d’action de grâce, l’abbé Pango l’a célébré quelques semaines plus tard, pas en l’église Sainte Jeanne d’Arc de Treichville, sa paroisse d’origine dont il est d’ailleurs le premier prêtre autochtone N’zima, ce fut dans le Central Boxing Club de Treichville transformé, pour l’occasion, en un lieu de culte, à cause de l’immense foule des chrétiens à laquelle allait se joindre le tout Treichville des croyants en le Dieu de Jacob, les nombreux amis et connaissances qui viendraient d’ailleurs.

Professeur de musique à l’INA (Institut National des Arts), il y a rendu célèbre l’Ensemble vocal dénommé Vox Magna d’Abidjan ou la Grande Voix d’Abidjan, créé un peu plus tôt à Locodjro.

Avant Vox Magna d’Abidjan, il avait déjà créé, depuis Anono, un autre ensemble vocal dénommé « UVACCI » : Union Vocale Artistique et Culturelle de Côte d’Ivoire.

Il était aussi membre du BURIDA (Bureau Ivoirien du Droit d’Auteur), pour la Commission d’identification des œuvres musicales.

Jeune prêtre, il avait un autre charisme : l’amour pour les enfants et pour les jeunes. C’est d’ailleurs de cette frange de la population qu’il s’occupait à Grand-Bassam, en qualité de directeur-fondateur du « Pensionnat des Jeunes Mgr René Kouassi », quand la mort l’a fauché le mercredi 20 octobre 1993, à l’âge de 65 ans. Mais les artistes de sa trempe ne meurent pas.

Le Père Pango revit désormais à travers ses nombreuses œuvres musicales majeures, tant religieuses (les Messes des Lagunes et Goly…) que profanes (l’Abidjanaise et plusieurs autres…)

Son œuvre musicographique, laissée à l’Église Catholique et à son pays, est impressionnante.

Suite: HOMMAGE AUX VÉRITABLES AUTEURS DE L’ABIDJANAISE… de René BABI (Suite 05)

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