« GNON, GNONHON » : À QUELS « SEINS » SE VOUER ?

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En gouro, le terme « gnon » désigne « les seins », ceux des femmes surtout. Il se trouve que chez elles, ces organes très caractéristiques ont une tendance naturelle à bouger, à remuer, ce qui participe d’ailleurs énormément de leur pouvoir de séduction à l’apogée de la féminité. L’utilisation du soutien-gorge par les femmes d’ici et d’ailleurs répond donc au besoin de soutenir la poitrine et de maintenir les seins dans une certaine stabilité.

Mais le bustier n’a pas toujours existé en pays gouro. Avant l’avènement des vêtements modernes et, avec eux, du soutien-gorge, les personnes s’habillaient à minima à l’aide d’écorce et de coton sommairement traités. Les seins des femmes remuaient donc plus encore que nos jours et les exposaient souvent, ainsi que me l’a expliqué ma mère, au viol dans les champs.

Le verbe qui traduit « remuer, bouger » en gouro est « gnonhontchi ». On dirait donc « A gnon a gnonhon nan » pour signifier : « Ses seins sont en train de remuer. »

De deux choses l’une : où les Gouro seraient partis du substantif « gnon » pour construire le verbe « gnonhontchi » en observant les mouvements des seins ; ou alors ils auraient procédé inversement, partant de ce que signifie « gnonhontchi » (« remuer, bouger ») pour désigner les seins par le terme « gnon », tant ils étaient habitués à les voir en mouvement.

Dans un cas comme dans l’autre, l’observation assidue des seins de la femme a dû jouer un rôle dans le choix du nom attribué par les Gouro à cet organe si caractéristique de la féminité, d’autant que le substantif « gnon » semble tenir visiblement plus de l’aspect visuel et esthétique des seins que de toute autre considération.

Par Dr Djandué Bi Drombé

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