«GBAKA» ET «GBAMÉ»: C’EST «GBÉ», ÇA GBRA!

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Il faut rendre à César ce qui est à César. Je dois ce texte au Professeur Boa Thiémélé Ramsès qui, le premier, avait relevé le rapprochement morphologique entre trois de ces quatre mots. C’était sur Facebook, dans un commentaire sous un texte produit par Doumbia Idrissa dans le cadre de sa philosophie de la rue.

Nous sommes donc dans le domaine très bruyant du transport en commun à Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire. Dans le petit lexique qu’il propose sur le sujet, Jean Christian Konan définit ainsi le gbaka: «minicar de transport en commun de 18 places (de marque Toyota, Isuzu ou Mazda)».

C’est peut-être sous l’influence de ce terme très populaire dans le parler ivoirien, et qui désigne un engin incontournable dans le transport des personnes, que la communauté estudiantine a créé le mot «gbamé», pour dire «bus». Exemples: Je vais prendre le gbamé/ Je suis dans le gbamé/ Je vais au gbamé.

Mais le son «gb» n’a pas encore dit son dernier mot dans le lexique très dynamique du transport en commun ivoirien. Lorsque le gbaka ou le gbamé est plein, ont dit qu’il est gbé, une seule syllabe très sonore qui, sous la forme d’une onomatopée, semble imiter le bruit sec d’une porte métallique qui se referme bruyamment.

Enfin, quand quelqu’un doit descendre, on entend souvent l’apprenti crier au chauffeur: «Ça gbra!». Un autre mot constitué d’une seule syllabe sonore, mais plutôt rugueuse quant à elle. Comme pour inciter le passager à descendre rapidement afin que le gbaka continue sa course dans cette quête effrénée de clients qui fait souvent oublier les règles élémentaires du code de la route. Généralement, dans un gbaka, le conducteur ROULE et l’apprenti CONDUIT. Il faut alors prier qu’au moins l’un des deux soit lucide…

Par Dr. Paul-Bathesty DROMBÉ

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