FRATERNITÉ : LA DIALECTIQUE DE LA CORDE ET DE LA FICELLE

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Tout comme l’or s’éprouve au feu, la fraternité républicaine résiste aux conflits et transcende les divergences. C’est avec les Gouro de Côte-d’Ivoire que nous appréhendons l’éclairage du déploiement sémantique de la notion de fraternité. En effet, les Gouro désignent la fraternité par le vocable « liri mali » qui signifie littéralement « le fil de la famille ».

Ce syntagme prend tout son sens dans un proverbe qui ouvre une dialectique positive. Elle s’articule ainsi : « lri mali a ninclin é ka tchianlo, béé mali a bounboun é tchian ». Littéralement ce proverbe se traduit comme suit : « Le fil de la famille est fin mais ne rompt pas tandis que la corde de l’amitié est épaisse mais est friable ».

Dans cette dialectique de la ficelle et de la corde, l’on note une inversion de la résistance à la rupture. La ficelle qui en principe devait être moins résistante que la corde est celle qui ne cède pas. Ce paradoxe montre l’idée de pérennité dans la fraternité et y ajoute la construction dans un continuum. La métaphore de la ficelle renforce l’idée de la mêmeté ricoeurienne sous-jacente à la fraternité et partant à la république.

Par DIANDUÉ Parfait, Professeur des Universités

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