FLÔKÔ 1 APPELLE FLÔKÔ 2: DE « FLOKO » À « FLÔKÔ »

0 55

Obtenez des mises à jour en temps réel directement sur votre appareil, abonnez-vous dès maintenant à Attoungblan.net.

En Côte d’Ivoire on dit « mettre quelqu’un dans un flôkô » pour exprimer le fait de lui mentir, le tromper, le gruger. La formule « flôkô 1 appelle flôkô 2 », qu’on pourrait traduire par « à menteur menteur et demi », annonce donc toujours un mensonge grossier. Mais quelle est au juste l’origine du terme « flôkô » ? Voici notre réponse à cette question.

Tout d’abord, on est arrivé à « flôkô » en appliquant une intonation oblique au vieux « floko ». Il faut alors étymologiquement partir de « floko » pour comprendre sur quel base métaphorique s’est construit le sens de « flôkô ».

Autrefois, les gardes de sous-préfecture étaient appelés « gardes floko » parce qu’ils portent à la hanche des fourreaux sans armes, contrairement à d’autres forces de l’ordre et de sécurité. Enfants, abreuvés aux films westerns, nous chantions « Django rouler pistolet metter dans son floko… ». Les gardes de sous-préfecture n’ont rien de ce genre dans leurs modestes « floko ».

En effet, « floko » veut dire « vide » en baoulé. Et quand c’est vide, c’est aussi en général léger, ce qui donne « foko » dans cette même langue mais aussi en gouro. Ainsi donc, « mettre quelqu’un dans un flôkô » revient à le jeter dans le vide, à lui vendre du vent. Dès lors, le mot « flôkô » qui signifie effectivement « mensonge » en nouchi élève son architecture sémantique sur la métaphore du fourreau vide. Que du vent!

Par Paul-Bathesty DROMBÉ

Commentaires
Loading...
%d blogueurs aiment cette page :