« FÉI », « FIÉ » ; « FLȆ, FLȆYI » ; « GWA, GWATCHIN »: JOUR DE MARCHÉ AU VILLAGE

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Les Baoulé et les Gouro sont traditionnellement cultivateurs. Le champ où se cultivent les denrées a donc toujours occupé une place de choix dans l’organisation et le fonctionnement de leurs sociétés respectives.

En nommant « le champ », le gouro dit « féi » là où le baoulé dit « fié », comme si l’une des langues avait influencé l’autre. Quoi qu’il en soit, « féi » semble être la contraction de « fȇ yi » avec l’adaptation phonologique requise à cet effet, ce qui signifie en gouro « a/ont eu quelque chose/un bien quelconque », tant il est vrai que le champ est signe et source de richesses.

Mais ce pourrait être aussi « a/ont vu quelque chose », puisque le gouro utilise le même verbe (« yétchi ») pour traduire « voir » et « avoir », comme si c’était déjà avoir quelque chose que de le voir. Ainsi, « Bé yi nin ? » (« Tu l’as vu où ? ») ou « E tôh yi » (« Il a eu un titre »).

Après les récoltes, une partie des produits de la terre est consommée et l’autre partie vendue, d’où, par ailleurs, la place qu’occupe le marché comme espace complémentaire de vie dont l’animation est généralement l’affaire des femmes.

MARCHE GOURO

Si bien que quand le « cure-dent » gouro a donné aux hommes gouro une réputation de personnes endurantes au lit, les non moins célèbres « marchés gouro » ont donné aux femmes gouro l’image de femmes battantes qui les caractérise dans l’opinion.

En baoulé, le marché s’appelle « gwa », ce qui signifie aussi « jour », un peu comme si chaque jour était « jour de marché » (« gwatchin »). En gouro on dit « flȇ », sans doute le fait d’une autre contraction, notamment celle de « fȇ lô lê » dans une phrase telle que « An goo fȇ lô lê » : « Je vais acheter quelque chose ». Parce que c’est là où l’on vend des choses, le marché n’est-il pas aussi « là où l’on va en acheter » ? On serait donc théoriquement parti de « fê lô nan » à « flê ».

                                             Par Dr DJANDUÉ Bi Drombé

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