FÉDÉRATION IVOIRIENNE DE FOOTBALL (FIF): BILAN INATTAQUABLE ET NON-DITS

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Le football ivoirien va bien. Il frise même l’excellence. Du moins, si l’on en croit certains laudateurs patentés de la dernière heure. Car, le bilan est là. Palpable et inattaquable aussi. N’en déplaise aux négateurs patentés de la vérité et à certains esprits tordus…Comme nous. Oh Mon dieu, Doux Jésus Marie Joseph… Aussi n’a-t-on pas besoin de recourir à un microscope pour apprécier le bilan de huit ans de gestion, couronné par 2 titres de champion d’Afrique. Mais lesquels?

La CAN 1992 et 2015? À moins qu’elle ne fasse uniquement référence aux deux trophées continentaux qu’elle a remportés sous son mandat. C’est-à-dire, la CAN 2015 en Guinée Équatoriale et le titre des Cadets en 2013? Et si tel est le cas, c’est qu’il y a méprise. Et grave. Car, la CAN des Cadets n’a pas la même valeur que celle des séniors. C’est justement pour cela que sur le maillot des Éléphants, il n’y a que 2 étoiles. Et non trois. La précision étant faite, l’équivoque ainsi levée, on pourrait rétorquer pour sa gouverne, que la FIF étant l’émanation des clubs, les titres continentaux remportés sous son mandat, tombent, si on peut le dire ainsi, dans le domaine public. Autrement dit, du foot ivoirien. C’est-à-dire, tous les acteurs. Journalistes y compris.

Mais deuxième absurdité. La construction et la réhabilitation d’infrastructures feraient, dit-elle, partie de son bilan. Avouons que cette couleuvre est trop grosse pour être avalée.
La réhabilitation du Champroux est financée par le Programme de développement Forward de la FIFA. Ce n’est donc pas sur ses fonds propres que la FIF finance ces travaux. Comble des absurdités. La construction de 5 nouveaux stades et 25 terrains d’entraînement pour la CAN 2023. Ces gros œuvres feraient donc partie de son bilan. Or, tout le monde sait que ces chantiers qui, du reste, ne sont pas encore sortis de terre, sont entièrement à la charge de l’État. Le dire, c’est distiller des contrevérités. C’est de l’arnaque. Voire une escroquerie morale.

CHAMPIONNAT IVOIRIEN : VERS UNE MORT IMMINENTE ?

Cela dit, si le foot ivoirien va bien et qu’il gagne, si la FIF est aussi contente de son bilan, pour sa gouverne, il serait bien qu’elle sache que, dans un passé récent, ce même football baignait déjà dans l’excellence. Et c’est à juste titre que la fructueuse décennie 1990- 2000 fut qualifiée d’âge d’or du foot ivoirien. Car, notre pays a su rattraper son retard au niveau des trophées continentaux : CAN, C1, C2, C3 et Supercoupe d’Afrique : soit 7 au total. Alors que 32 ans auparavant, la Côte d’Ivoire ne comptait qu’un seul trophée : celui de l’ancêtre de la C1, remporté par le Stade en 1966. Comme quoi, en termes de bilan comparatif, y’a pas photo entre la FIF de 2011 et sa devancière de 1990.

Pour le reste, la prospérité financière dans laquelle baigne la Fédé aujourd’hui, consécutive à l’accroissement de ses ressources avec l’arrivée d’un diffuseur télé, obligeait de facto l’actuelle FIF à procéder à l’augmentation de cette subvention. Car, on ne peut pas gagner autant d’argent, vivre dans l’opulence avec un budget de 8 milliards (pour l’exercice 2019, chiffre issu de la dernière AG de la FIF), ni procéder à un important retrait d’argent en liquide sans justificatif (selon les recommandations de la Commission d’Audit et de Conformité de la FIFA en janvier 2017), (2 milliards selon les mauvaises langues des clubs du GX), alors que pendant ce temps, les clubs croupissent dans la misère. Dès lors, si la FIF n’avait pas procédé à un relèvement de cette subvention, il aurait fallu la traduire devant une Cour d’Assise : pour non-assistance à clubs en danger.

Au temps de Dieng Ousseynou, cette subvention oscillait entre 6 et 7 millions. Ensuite, avec Jacques Anouma, elle est passée de 12 à 38 millions. Et si aujourd’hui elle a atteint les 75 millions, c’est parce que les ressources de la FIF ont connu une hausse substantielle. Ce qui n’était pas le cas du temps de Dieng dont le budget annuel était estimé à 600 millions, soit à peu près 7 milliards sur 12 ans. En revanche, celui de l’actuel CE de la FIF est de 8 milliards, ce qui fait environ une soixantaine de milliards en 8 ans. Il est vrai qu’entre temps les droits télé sont apparus. Les ressources se sont donc diversifiées. Et ont augmenté. Voilà pourquoi, et même sans être gourmand, cette subvention de 75 millions aux clubs semble très peu par rapport à l’argent que gagne la FIF. Car, si cet argent était géré sainement, si cette gestion fédérale ne baignait pas dans une opacité totale, c’est 100 voire 150 millions qui auraient dû être redistribués aux clubs. Mais à qui la faute aussi ? Aux clubs pardi ! Car, pendant que leur faîtière est dans l’opulence et la gabegie, eux, les bons faiseurs de roi et de prince, acceptent de manger du pain noir. Et de vivre d’amour et d’eau fraîche.

Par KAMBIRÉ Élie

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