EXAMENS À GRANDS TIRAGES, TRICHERIE À GRANDS TRUCAGES

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À côté de la religion, L’ÉCOLE, l’autre poche d’intégrité inviolable de notre société aux valeurs décadentes est en train de sombrer vertigineusement dans la corruption, avec son corollaire de fraude. Plus par sa particularité qui fait qu’on ne lui pardonne aucun écart que parce que le phénomène social est réellement nouveau. C’est-à-dire une faute, vénielle et insignifiante soit-elle, commise par n’importe quel travailleur ou citoyen sera jugée inadmissible s’il s’agit d’un enseignant. C’est comme ça ! Ça a toujours été ainsi ! On est obligé d’en tenir compte.

À l’entame de ces examens à grands tirages, diverses organisations syndicales se sont fendues de déclarations à l’endroit de leurs militants et assimilés aux fins de les mettre en garde contre de telles pratiques déshonorantes. Car autant un syndicat a vocation à défendre énergiquement un syndiqué victime d’abus quelconque en la matière, autant ledit syndicat ne peut qu’avouer son impuissance pour un syndiqué resté sourd aux consignes et qui jette, par ses actes délictueux, l’opprobre sur toute la corporation. À moins que les circonstances ne permettent au syndicat d’assurer « le service minimum ». Sinon, pour moi, la sentence morale et sociale contre de tels actes est plus sévère que n’importe quelle sanction disciplinaire.

En outre, on a besoin d’être à l’aise devant l’opinion et l’Autorité demain pour lui agiter sous le nez ses propres travers et abus contre l’École et ses acteurs et réclamer justice. En sciences criminelles ou en sciences juridiques, un acte prémédité n’a pas la même valeur -et donc s’apprécie différemment- qu’un acte involontaire ou posé en légitime défense ou encore un acte posé spontanément dans « le feu de l’action ». Or, de nos jours, les outils utilisés pour « le travail » en question (téléphones, réseau internet, réseau humain…) nous montrent que les collègues mis souvent en cause ont pris le parti de ternir davantage l’image de notre école et partant, de saper le travail de leurs pairs qui ont choisi de travailler dans la dignité et l’intégrité. D’où, pour moi, la pratique est à dénoncer et l’appel à soutenir ces enseignants ne doit trouver d’écho, si tant est que LEUR CULPABILITÉ EST ÉTABLIE.

SILENCE, ON FORME DES GÉNÉRATIONS DE « VRAI OU FAUX ».

Au demeurant, cela doit surtout servir pour les examens à venir avec imminence. Eh oui ! ‘‘Chien mange pas chien’’ mais ici il s’agit de Chien suicidaire… Voilà pourquoi nous devons éviter de nous exposer à une certaine opinion ivoirienne qui a montré qu’elle cerne mal notre cause et est prête à nous agonir des pires invectives. Alors que chaque famille a ses enseignants dont elle sait se souvenir pour un coup de main dans l’instruction et l’encadrement de ses enfants, ou dont elle attend régulièrement beaucoup à travers diverses sollicitations de ses membres. Pour une fois, même s’il ne faut pas écarter l’Autorité éducative, sur l’échelle des responsabilités il convient d’admettre néanmoins qu’elle ne doit pas être la première citée. (Nous y reviendrons prochainement). Tout comme il est vrai que c’est à elle que profite « le crime », au regard des sourires de (auto)satisfaction qui barrent les visages de ses animateurs à chaque proclamation de résultats aux taux de plus en plus « soviétiques » au fil des années. Mais curieusement, des taux inversement proportionnels au niveau de connaissances des élèves et candidats…

Il faut dire que la fraude a toujours existé à l’école dès lors que celle-ci a introduit l’Évaluation (sommative, formative ou pédagogique) pour sanctionner des enseignements ou une formation dans un but qualifiant ou diplômant. Dans notre pays, qui ne se souvient de cette vague de fraude à échelle industrielle au début des années 1980 pendant laquelle les épreuves ont même pu servir de papier d’emballage de beignets ? Aujourd’hui au CEPE, la triche est quasiment institutionnalisée. Qui n’a pas déjà entendu son enfant candidat à cet examen ou un élève EN sixième (et non DE sixième, il y a une nuance de niveau…) sachant à peine écrire son nom, malgré ses 140 points, avouer que « à l’examen on nous a montré » ?

CÔTE D’IVOIRE: NOS EXAMENS DE FIN D’ANNÉE

Bien entendu, la critique sera plus ou moins atténuée selon que le « service » aura été rendu moyennant paiement ou non… Personnellement, cette année j’ai plutôt une inclination spontanée à l’indulgence (je n’ai pas dit à la COMPLAISANCE, car la médiocrité n’est pas à primer) envers nos chers apprenants du fait de la spécificité de l’année, due aux soubresauts qui l’ont émaillée. Ces enfants ne devraient pas être les victimes d’un conflit dont ils ne perçoivent pas encore la portée. Cela, nous ne le savons que trop. Même si certains de nos compatriotes pour des raisons propres à eux nous en croient incapables.

Enfin, quel enseignant n’a éprouvé de la fierté d’entrer et de sortir de l’École Normale Supérieure du temps de l’inénarrable AL Chamaa ? Malgré ses méthodes tatillonnes et outrancièrement méticuleuses qui exaspéraient parfois, « les enfants de pauvres » lui devront éternellement une fière chandelle. Car il a réussi à mettre sur un pied d’égalité tous les candidats d’origines et de statuts divers face aux épreuves du concours. Rien que ça… Il faut donc comprendre que nous ne pouvons pas être comme les autres, c’est la particularité de notre métier qui le demande. C’est comme ça ! Enfin… Ça aurait dû être comme ça…

Par Mamadou TRAORÉ

NB : Le titre est de notre rédaction.

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